7 septembre 2010
D'entrée de jeu, l'homme, âgé de 34 ans, domicilié en Touraine, déclare: «Je suis coupable et j'assumerai ce que j'ai fait». Pour lui, cela se limiterait à des caresses, par-dessus les vêtements, de sa jeune cousine. Pour le reste, il récuse les accusations formulées contre lui, invoquant «un complot familial». Il avance aussi le rôle de la soeur aînée de la victime, ce qui provoque la colère de la procureure-adjointe: «Ça me fait bondir qu'il essaie de lui faire partager la responsabilité des faits!». Au goût de l'avocat de la victime, il minimise sa responsabilité. «Il reconnaît ce qu'il veut reconnaître», estime Me Rodier. Du côté du prévenu, Me Bourdais, du barreau de Tours, insiste: «Mon client ne veut pas reconnaître plus que ce qu'il a fait».
Des jeux sexualisés
Tout a commencé par des jeux d'enfants entre cousin et cousines. En grandissant, les jeux prennent un tour sexuel entre l'aînée des soeurs et son cousin. «Je m'excuse pour le mal que j'ai pu faire, je n'ai pas voulu ça», dit-il. Il a 20 ans et est en vacances chez son père, dans le pays d'Auray. Ses cousines de 13 et 8 ans habitent une maison proche. L'aînée des soeurs retrouve régulièrement son cousin pour «des jeux sexualisés», laissant sa cadette seule à la maison. Un jour, craignant que leur mère lui reproche de la laisser sans surveillance, elle l'amène avec elle dans la maison d'à-côté. Dans le salon, l'aînée a une relation avec son cousin. «Elle a dû voir, j'ai eu peur que leur mère l'apprenne...», avance le prévenu. L'homme s'en tient à cet unique épisode. À la barre, la victime, aujourd'hui âgée de 22 ans, maintient ses accusations. Il lui aurait imposé une fellation. Pour le reste, elle dit avoir des souvenirs confus. «Je les ai refoulés, j'ai passé de nombreuses années à essayer d'oublier, (...), c'était pendant l'année de CE2, (...), je sais qu'il y a eu plusieurs fois, après celle-là, il y eu une coupure...». Au début de l'instruction, elle avait avancé une dizaine de fellations.
Un secret partagé
Pour l'avocate du prévenu, la jeune fille «a beaucoup varié dans ses déclarations (...), il y a beaucoup de flous». Elle n'occulte pas les souffrances de la victime mais tend à relativiser les choses, «il n'est pas responsable de tous ses maux (...), c'est sa soeur qui l'a amenée ce jour-là avec elle pour la mettre dans la confidence». La procureure-adjointe, considérant que les affirmations du prévenu «sont très en retrait par rapport à la réalité», réclamait trois ans de prison avec sursis et son inscription au fichier des délinquants sexuels. Le tribunal a été dans son sens mais en limitant la peine d'emprisonnement à un an.
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16 mai 2012