5 décembre 2009
Un an après avoir décidé de s'engager dans un processus de fusion entre le CHRU de Brest et l'hôpital de Carhaix, les mêmes acteurs se sont rejoints à la même table, hier, en sous-préfecture de Châteaulin. L'enjeu: dessiner l'avenir de l'hôpital centre breton, et mettre un terme à près de deux années de crise. Hier soir, une grosse heure a suffi pour que Carhaisiens, Brestois et services de l'État quittent la table avec une même satisfaction. «Je reste prudent, on n'est qu'au milieu du gué», nuançait seulement le maire de Carhaix, ChristianTroadec.
450 naissances par an
L'essentiel est là: les deux services symboliques, maternité et chirurgie, au coeur de la tourmente passée, sont maintenus pour les deux années à venir. Mais pour que l'activité perdure au-delà de cet horizon, leur fréquentation devra fortement augmenter. Le seuil de450accouchements par an (contre 270aujourd'hui) a été fixé pour la maternité, et celui de 2.700interventions (contre 1.600) pour la chirurgie. «Des chiffres sérieux et raisonnables», insiste Bernard Dupont, directeur duCHRU. S'ils n'étaient pas atteints en 2012, l'établissement devrait revoir sa copie. «On verrait alors activité par activité. Par exemple, pour la maternité, on pourrait aller vers un centre de périnatalité», précise Bernard Dupont. La qualité des soins et le respect des protocoles devront également être validés en 2012, par des autorités extérieures.
Volume d'emplois maintenu
Reste l'aspect financier. «Le déficit de l'établissement sera d'environ 3,5MEUR en 2009, et nous tablons sur 2,2 en 2010 et 1,3 en 2011. Au delà, il restera un déficit structurel de 1MEUR par an, inévitable du fait de l'isolement de l'établissement. Nous nous engageons à apurer ce déficit», complète Antoine Perrin, directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation. Ce projet médical doit également conforter les services existants, grâce, notamment, à l'intervention sur place de praticiens brestois. Vingt-cinq lits supplémentaires devraient également être créés en soins de suite et de réadaptation. Autre engagement de taille: conserver le volume d'emplois existants (environ 600) sur le site. Enfin, de nouvelles activités devraient être développées dans les mois à venir à Carhaix: hospitalisation à domicile, cancérologie, filière gériatrique et soins palliatifs (chimiothérapie, notamment).
«Aujourd'hui, si la population revient, si les libéraux orientent à nouveau les patients vers l'hôpital de Carhaix, on aura gagné notre pari. La balle est dans leur camp», conclut le professeur Fenoll, président de la commission médicale d'établissement du CHRU.
16 mai 2012 à 10h50
16 mai 2012