4 juin 2009
La retraite, certains la voient dans leur potager ou encore les doigts de pied en éventail, sur une île lointaine ensoleillée. Le Mousterlinois Gérard Denis, lui, a décidé de courir sur de la longue distance, la « très longue distance ».
Marathons ou autres trails de 100km ne sont pour lui qu'échauffements et hors d'oeuvre. Nous avions déjà suivi ses exploits au cours de la TransGaule, il y a deux ans. Mais là, Gérard Denis fait vraiment fort. Il participe aujourd'hui à la «Trans Europe Footrace», une traversée de l'Europe en 64 jours et 4.485km de macadam. Impressionnant! Partis le 19avril de Bari, dans le sud de l'Italie, 67 coureurs de l'extrême, issus de douze nations, ont déjà parcouru 2.850km en cinq semaines et sont actuellement en Suède. Une moyenne de 70km au quotidien, sans un jour de repos. Malheureusement, après 38 étapes, le peloton s'est réduit à 51unités, parmi lesquelles on retrouve sept Français. Ce ne sont que des hommes. L'Italie, les Alpes, l'Autriche et l'Allemagne auront eu raison de leurs forces et de leur volonté. Les rescapés filent plein Nord, en direction du Cap Nord, en Norvège, où sera jugée l'arrivée de la 64e et ultime étape le 21juin. Juste à temps pour admirer le soleil de minuit. Tous, premiers comme derniers, pourront alors dire, «Je l'ai fait». Car la Trans Europe, inspirée de la Trans America, une épreuve aujourd'hui disparue qui reliait Los Angeles à New York, est la plus longue course à pied du monde.
Le vice-doyen du peloton
Gérard Denis a 65 ans. Il est le vice-doyen du peloton. Seul un Japonais de 70 ans est plus âgé que lui. Avant de s'attaquer à l'Europe, le Fouesnantais surnommé «le diesel» par ses camarades de Sports Nature et Aventure, a déjà réussi trois traversées de la France en course à pied. Par deux fois sur les 1.150km de la Transe Gaule(Roscoff-Gruissan en «seulement» 18 étapes) et sur les 1.000km de France (Saint-Malo-Sète, non-stop, couverts en onze jours). Des exploits humains rendus possibles par l'assistance de son épouse Nicole, qui l'accompagne en camping-car et le ravitaille sur toute l'épreuve. «C'est le voyage de noces au Cap Nord que nous nous étions promis il y a une trentaine d'années. Nicole, en plus de son occupation de bénévole, m'aide pour les moments les plus difficiles, je n'ai aucun problème hormis cette bronchite, ni doute», explique-t-il. «L'esprit de la course est excellent, les plus durs sont restés, on n'est pas venu ici pour «?montrer ses mollets?», affirme le marathonien. Une pensée et un salut aux associations qui m'ont aidé et aux amis: Sport Nature Aventure Fouesnant, le Karaté Club Fouesnantais et le comité de jumelage Fouesnant-Meerbusch qui se sont retrouvés ce week-end à Fouesnant; j'en profite pour saluer nos amis Allemands et Français», conclut Gérard Denis.
Pleyber-Christ. ASC March'Are. Du dynamisme à revendre