6 juin 2009
Si c'est lui, il risque six mois de prison et la révocation totale de son sursis. Quatre ans. Pas rien. Jugé il y a deux ans pour une agression sexuelle, il avait écopé, en effet, de cinq ans de prison dont quatre avec sursis. Si c'est lui qui s'est totalement exhibé devant une enfant âgée de 10ans, un soir de janvier, dans le quartier de Bellevue, près de la patinoire. Ce qu'il nie. Le 22de ce mois, la petite M.rentre chez elle, à la nuit tombée. Il est environ 18h15, elle marche dans la rue. La fillette garantit avoir senti une présence dans son dos. Une ombre. Elle a hâté le pas, s'est précipitée dans le hall de son immeuble. C'est là qu'elle l'a vu, bonnet vissé sur la tête, grosses chaussures aux pieds, la cinquantaine. Elle s'est rué vers l'ascenseur, il se pressait doucement en la suivant au pas. Il a retiré son pantalon et son slip au moment où la porte de l'élévateur se fermait sur la fillette.
Erreur sur la personne?
Les policiers vont intervenir dans l'instant. La patrouille semble efficace. Au supermarché voisin, elle appréhende un homme, la cinquantaine, le bonnet, les grosses chaussures. La fillette l'identifie sur le moment. Mais à la barre, comme durant toute l'enquête, il va nier. Regrettant la présence «d'un pervers sexuel dans le quartier», il oppose, par sa voix et celle de son avocat Me Labat, un alibi présenté comme indestructible. Il a travaillé jusqu'à 18h, puis il s'est rendu dans un garage pour une affaire de réparations de voiture. Il est allé ensuite faire ses courses. Il a fait constater par huissier le temps de trajet. «C'est une certitude judiciaire», claironne le plaideur.
Délibéré le 3juillet
Restent deux zones d'ombres: cette reconnaissance formelle de l'enfant que le plaideur met sous le coup de l'émotion. Et ce témoignage du garagiste à la barre, qui devait aider le prévenu mais qui au final, le dessert. Car le commerçant a la certitude qu'il n'est pas venu chercher sa voiture de substitution à 18h20, «mais juste autour de 18h. Je fermais, il restait encore des employés». Pour y voir plus clair, le juge André s'est donné un mois de réflexion. Le délibéré sera rendu le 3juillet.
