6 mars 2009
L'autopsie réalisée sur les corps de Théo et de sa grand-mère, retrouvés morts mi-février dans le canal de Nantes à Brest, à Carhaix, a révélé l'absorption de fortes doses d'anxiolytiques par la grand-mère.
Le 12février dernier, les corps de Rosine Jouan, veuve Minez, et de Théo Bizien étaient retrouvés dans le canal de Nantes à Brest, près de l'écluse de Roc'hCaër, à Carhaix. La dramatique découverte mettait fin à deux jours de recherches, qui avaient mobilisé une cinquantaine de militaires, dans trois départements. La grand-mère était partie pour une balade avec son petit-fils, le 10février, en milieu de journée, au volant de sa voiture. C'est la mère de l'enfant, sans nouvelles après plusieurs heures, qui avait prévenu les gendarmes de la disparition. Saura-t-on un jour ce qu'il s'est réellement passé dans cette affaire qui avait suscité un terrible émoi à Carhaix et dans tout le Centre-Bretagne? La substitut du procureur de Morlaix, ÉliseTréguer, en doutait, hier soir, à la lecture des résultats de l'autopsie pratiquée sur les corps de la septuagénaire et de l'enfant de trois ans et demi.
«Dix fois la dose thérapeutique»
Les analyses ont révélé la présence d'anxiolytiques dans le sang de la grand-mère. «On a retrouvé l'équivalent de dix fois la dose thérapeutique», précise Élise Tréguer. «Ce n'est pas mortel, mais cela donne un effet sédatif certain. On a également trouvé du sirop antitussif, en quantité équivalente à deux fois la dose thérapeutique. Ce qui peut entraîner un état de somnolence». Chez l'enfant, même présence d'un antitussif: «Une dose non conforme, correspondant à celle prescrite pour un adulte. Ce qui, vu son âge et sa corpulence, peut conduire à une forme de somnolence». L'enfant n'était pas souffrant lorsque sa grand-mère était venue le chercher. Pour la substitut du procureur, ces résultats ne permettent pas de qualifier définitivement l'affaire. «On peut penser à un suicide, mais ça n'enlève rien à mes incertitudes».
Reste le véhicule
Aujourd'hui, l'enquête reste donc ouverte. «Il ne s'agit pas d'une enquête criminelle: le but reste de faire la lumière sur les causes de ce drame». Élise Tréguer attend encore les résultats de l'analyse pratiquée sur le véhicule, annoncés pour le mois de juin. Mais sans grand espoir: «A priori, d'après les premières analyses réalisées après sa découverte, il n'y a aucun élément particulier à en attendre. J'ai peur qu'on ne sache jamais vraiment ce qui s'est passé».
