27 juin 2009
Les entreprises du bâtiment se préparent à affronter des jours difficiles. Elles se sont donné les moyens de résister et attendent l'aide des donneurs d'ordre.
La pause estivale approche et avec elle, l'échéance d'une rentrée que l'on annonce depuis des mois très problématique dans le bâtiment. Hier, les responsables des fédérations départementales et régionales de la fédération française du bâtiment ont à nouveau lancé un appel. Il s'adresse aux donneurs d'ordres, surtout les collectivités publiques. «Il faut qu'elles lancent très rapidement leurs chantiers, résume Jean-Yves Toupin, président régional. Les entreprises ont vécu sur leurs réserves depuis le début de la crise. Pour le moment, elle n'a pas eu trop d'effets surtout dans le Finistère et les Côtes-d'Armor. Il faut que les collectivités jouent le jeu». Les responsables du bâtiment reconnaissent que les élus jouent déjà le jeu. Le conseil général, Brest Métropole, la communauté de Quimper ont «très largement oeuvré pour diligenter leurs travaux». Les communes ont aussi réagi. Le conseil régional s'active pour aider à la formation. Mais les faits sont là. Le nombre de permis de construire est en baisse de 31% par rapport à la même période 2008. Les professionnels s'inquiètent d'un autre phénomène. Les tensions sur le marché aboutissent à une baisse des prix conséquente, jugée «suicidaire». «Les maîtres d'ouvrage doivent faire attention, dit Jean-Yves Toupin. Ce n'est pas parce qu'un prix est inférieur de 20 ou 30% qu'il faut attribuer un marché. Car derrière il peut y avoir des entreprises en difficulté qui vont déposer le bilan. Nous avons déjà connu cette situation lors des précédentes crises. Les maîtres d'ouvrage doivent prendre en compte aussi la sécurisation de l'emploi».
16.900 emplois dans le Finistère
La fédération du bâtiment a hier souligné que la crise poussait les professionnels à se réunir. La fédération finistérienne compte 410 adhérents qui présentent 9.000 salariés sur les 16.875 recensés dans le secteur (+3.200 artisans travaillant seuls). Au 1ermai, le Finistère comptait 5.387 entreprises de moins de 10 salariés et 473 de plus de 10 salariés. Le nombre total est en hausse de 2,8% (162 entreprises sur un an). Mais la baisse d'activité se traduit par une augmentation des dépôts de bilan surtout dans les petites entreprises. Hier, le président depuis neuf ans, Emmanuel Le Loup a cédé son poste à Jean-Paul Jégou, 58 ans, chef de l'entreprise de déconstruction quimpéroise Dem7 (24 salariés).
