11 septembre 2009
En octobre2008, puis en janvier2009, il avait braqué la même station-service à Saint-Brieuc. Hier, il a été condamné à cinq ans de prison, dont deux ans avec sursis.
C'est un garçon paumé de 19ans qui comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc pour le double braquage d'une station-service. En face de lui, deux jeunes filles de 21 et 24ans, les deux caissières, victimes de ses agissements. Car sur ses actes, pas de doute, le jeune homme a reconnu les faits devant le tribunal, après être passé aux aveux devant les enquêteurs. Le prévenu avait été interpellé le 30janvier 2009. Quatre jours auparavant, vers 20h, il était entré dans la station Shell de la Croix-Saint-Lambert, à Saint-Brieuc, muni d'une arme, avait braqué la caissière et s'était enfui avec 900EUR en liquide et une trentaine de paquets de cigarettes. Trois mois plus tôt, le 27octobre, il avait agi selon le même mode opératoire, pour un butin de 150EUR et huit paquets de cigarettes. Les faits sont limpides, le mobile aussi: l'argent. «Je n'avais pas de ressources, à part la vente de cannabis et le travail au noir, a-t-il déclaré devant le tribunal. Ces braquages, c'était pour rembourser mes dettes de stupéfiant». «Vous savez que vous avez terrorisé vos victimes», a demandé la présidente du tribunal? «Oui, je sais que c'est grave; je m'excuse auprès d'elles».
Une enfance difficile
Son jeune âge, son enfance difficile -sa mère était violente, son père absent- expliquent pour beaucoup sa comparution en correctionnelle, plutôt qu'en cour d'assises, où il risquait une peine plus lourde. Et puis, il y a ses déclarations faites à chacune de ses deux victimes lors des deux braquages. «Je suis désolé», avait-il dit en partant ce 24octobre; puis le 26janvier, «la vie est dure, il faut me comprendre».
Parcours chaotique
«Il n'avait pas l'intention de faire du mal», a d'ailleurs confirmé MeBlanchevoy, pourtant avocate de la partie civile. De son côté, Patrick Lewden, procureur de la République, s'est inquiété de la suite de la vie du prévenu. «Il faut une peine compréhensible pour les victimes et la société», a-t-il précisé. Il a requis cinq ans de prison, dont deux avec sursis. «C'est un quantum élevé», a plaidé Me Guérin, avocate de la défense, au regard du parcours chaotique du prévenu, mais aussi des efforts qu'il a fournis. «Il a obtenu un Cap en maçonnerie, il a travaillé et il a une amie», a-t-elle poursuivi. Mickaël Armand a été condamné à cinq ans de prison, dont deux ans avec sursis. Il devra également payer 3.000EUR de dommages et intérêts à chacune de ses victimes.
