31 octobre 2009
On connaît les chocolats belges. Beaucoup moins les surréalistes du plat pays. Jacques Lacomblez, poète et peintre, en est l'un des flambeaux. On peut découvrir son oeuvre, jusqu'au 22 novembre à Saint-Brieuc.
Non, Jacques Lacomblez n'est pas un extra-terrestre qu'une soucoupe volante de la planète Wallonie aurait déposé par hasard en terre costarmoricaine.
Imaginaire celtique
Jacques Lacomblez était, en effet, l'un des invités marquants de l'exposition «Phase» l'an passé, déjà, à Saint-Brieuc. Mais, en vérité, l'artiste belge a noué des liens intimes avec la Bretagne depuis de très longues années. «J'ai voulu organiser une exposition de Jacques pour plusieurs raisons», explique Jean-Claude Charbonel, fondateur et porte-parole du Collectif des plasticiens des Côtes-d'Armor, à l'origine de cette manifestation : «Tout d'abord parce que c'est un ami dont j'admire les peintures et la poésie. Mais aussi en raison de ses liens profonds avec l'imaginaire celtique; et ce dans la perspective de la relation privilégiée que le surréalisme a entretenu avec la Bretagne à partir des années50... Cet imaginaire qui se manifeste dans les mythes et l'art irlandais, la statuaire et les monnaies gauloises ainsi que dans l'ancienne poésie bretonne ou kymrique, célébrée par AndréBreton».
«Le paysage mental»
Les 70 oeuvres choisies pour cette expo-rétrospective - de 1951 à 2009 - illustrent à merveille ces relations privilégiées:«Sens de la forêt» (1957), «Tristan et Iseult» (1960 à 1962), «Jardin de l'ermite» (1989) ou «Automne en Brocéliande», jalonnent la quête du Grall, de l'artiste belge. Un artiste à la large palette d'inspiration, marqué par sa rencontre avec Magritte, au début des années 50 mais aussi les poètes surréalistes belges, André Breton ou encore Édouard Jaguer, le fondateur du mouvement Phase, avatar du surréalisme. Surréalisme auquel Jacques Lacomblez emprunte les techniques de l'automatisme pictural, qu'il décline aussi sous forme de poèmes. Féru de musique ancienne, classique et contemporaine, il a, par ailleurs, peint d'imposants hommages à Mahler ou Xenakis mais aussi à des géants du jazz, comme Monk. Bref, un artiste immense, omniprésent dans nombre de collections et musées d'Art contemporain de la planète. Un artiste inclassable, aussi, ni peintre, ni poète mais un compositeur surréaliste en éternelle quête «de la foudroyante lumière du jamais vu», avec pour seul objectif, depuis 60 ans, «la projection du paysage mental». Un paysage qui vaut bien, à la lumière de ses toiles, celui de la Bretagne. Pratique «Tableaux et oeuvres sur papier», au Musée (02.96.62.55.20), du mardi au samedi, de 10 h à 12 h et de 13h 30 à 18 h; le dimanche, de 14 h à 18 h.
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