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Côtes-d'Armor

Maroquinerie. Le cuir de poisson, c'est chic !

23 septembre 2009

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«Has been» la fourrure, obsolète la vachette! Patrice Dobé s'est spécialisé dans le cuir de poisson et développe sa gamme de maroquinerie de qualité. Et ça marche...

Installé à Ploubalay, Patrice Dobé est à la tête de la Tannerie du Frémur, entreprise créée en 1980. Se définissant volontiers comme «couturier créateur», il a su faire fi des modes passagères pour s'inscrire dans le durable, en optant pour la maroquinerie de qualité.

Ayant plus d'un tour dans son sac, Patrice s'est d'abord essayé au cuir de saumon, avant d'étendre son savoir-faire unique en France à la perche du Nil, à la julienne et même à l'esturgeon.

La tannerie dans la peau

Depuis tout jeune, Patrice Dobé s'intéresse aux peaux animales. Il accompagnait son père, boucher, dans les fermes, et a même collecté ensuite les peaux de renard et de lapin, pour les marchés de la sauvagine. C'est donc tout naturellement qu'il crée son entreprise de tannerie, avec Pascal Vuadel, tanneur aujourd'hui installé à Callac, avec lequel il est toujours en étroite collaboration.

«À l'époque, le bovin et l'ovin étaient à la mode, indique Patrice. J'ai commencé à m'intéresser au cuir de poisson, notamment au saumon, pour de la petite maroquinerie, par défi de tannage». Défi qui se concrétise par la création de la marque «1eravril», il y a une quinzaine d'années. Bracelets, porte-monnaie, sacs à main, ceintures...

Libéré de l'écaille, le cuir de poisson se présente comme une matière agréable et solide, qui se décline sur une gamme haute en couleur.

L'esturgeon aux oeufs d'or

En constant renouvellement, le créateur a le don d'anticiper les attentes de son époque. «J'ai connu les belles années du vêtement de cuir, dans les années 80, observe Patrice. Aujourd'hui, la crise se ressent dans le vêtement, alors que la maroquinerie est en hausse. Il faut sans cesse penser des produits nouveaux pour pouvoir rebondir!».

Confiant, le couturier se lance même de nouveaux défis: mettre en place un approvisionnement régulier d'esturgeon et proposer des produits à vendre en gros. Pour Patrice, «l'esturgeon répondrait à une demande de luxe». À l'instar des oeufs, la peau d'esturgeon risquerait-elle de coûter les yeux de la tête? «Le cuir est de très grande qualité, mais les prix doivent rester abordables. Je ne suis pas Hermès!», conclut humblement le maroquinier.

Contact Tél.02.96.27.22.06. Site: www.tanneriefremur.com Courriel : contact@tanneriefremur.com

  • Corentin Le Doujet
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