14 octobre 2009
Après avoir bluffé Patrick Sébastien, envoûté Patricia Kaas et fait rêver le public du Moulin Rouge, le Costarmoricain Erwan Bodiou, 30 ans, vient de décrocher la Baguette d'argent, dimanche dernier, au Magic Stars de Monte-Carlo.
Ne tendez jamais un billet de 20euros à Erwan Bodiou. En guise de monnaie, le résidant du Moulin Rouge, à Paris, serait bien capable de ne vous rendre qu'un poisson rouge. Et s'il vous propose un truc à boire, méfiance: un jus d'orange servi frappé a tôt fait, sous sa coupe, de se transformer en perruche et de vous clouer le bec. Des tours de passe-passe de la sorte, le champion du close-up en a plein les poches. S'il ne travaille pas du chapeau, ne lévite pas sur scène et ne découpe personne à la scie, ce drôle d'oiseau a en magasin plus d'un truc à faire tourner bourrique.
Stéphanie de Monaco applaudit
Samedi dernier, sur la scène du Théâtre Princesse Grace de Monaco, l'enfant de Ploumagoar, âgé de 30 ans, dont bientôt deux décennies consacrées à la magie, l'a une nouvelle fois montré. Après deux passages remarqués sur France 2, au «Plus grand cabaret du Monde» de Patrick Sébastien, une apparition plus furtive dans le clip «Kabaret» de Patricia Kaas, le magicien pro a mis en boîte une large partie du public assistant au Magic Stars de Monte-Carlo. Sous l'oeil avisé de la princesse Stéphanie, présidente du concours, le Costarmoricain, vainqueur à l'applaudimètre, s'est vu décerner la Baguette d'argent. Seul le Japonais Yo Kato, consacré champion du monde 2009 (catégorie manipulation), en juillet dernier, lui a volé la vedette. Une distinction remise par la chanteuse Lorie qui fait «chaud au coeur» à l'émule de Gérard Majax qui, depuis sa volière de l'arrondissement guingampais, offre un repos bien mérité à Saturnette et ses copines.
Saturnette, cane magique
Saturnette ? C'est sa cane magique, le clou de son spectacle de haut vol voyant tour à tour un foulard se transformer en volière, un verre à pied devenir colombe, et... Chut. Sachez seulement qu'au bout de huit minutes étourdissantes, le palmipède décroche la palme. Alangui sur le canapé, Frewin, le caniche de la maisonnée, prend un air faussement détaché à l'évocation des numéros du patron. Mais de son petit oeil mouillé, l'animal dévore du regard les palombes qui volettent dans le séjour. Pas question de béqueter pour autant les assistantes du maître prestidigitateur qui, entre deux spectacles (une cinquantaine de dates par an), peaufine encore et toujours son art. Talent qui s'exporte en Belgique, en Espagne ou encore en Italie où, au printemps dernier, la Rai, première chaîne transalpine, l'a mis à l'honneur. Le virus de l'illusion, Erwan Bodiou l'a attrapé à l'âge où tout garçon normalement constitué rêve de sa première mobylette. «J'avais dix ans. Après avoir vu un spectacle de Robert Clément, lui aussi de Ploumagoar, j'ai décidé d'en faire mon métier». Aujourd'hui, l'artiste lorgne sur les prochains championnats du monde, en juillet 2010, à Blackpool, en Angleterre. Un nouveau spectacle est aussi en gestation. Mais au grand dam de son père, Michel, intendant du club de foot d'En Avant, il ne sera pas question de faire apparaître le buteur providentiel dans les Côtes-d'Armor. Même la magie a ses limites.
Saint-Brieuc ville. Trégueux. Salon de beauté pour oiseaux de concours