21 août 2009
Après un «bestof» pour le 30e anniversaire, l'an passé, la Ferme-Auberge de la Ville-Andon, à Plélo, ouvre ses portes à un nouvel artiste: Thierry Le Saëc.
Une porte résolument ouverte sur l'art abstrait. Ce qui n'est pas sans chatouiller le regard ni l'esprit des visiteurs venus sacrifier aux plaisirs de la table. «C'était mieux l'année dernière, nous dit-on. Mais, tous les ans, c'est la même chose», confient Marie-Claire et Hervé Caillebote. «Depuis trente ans que nous organisons des expositions d'art contemporain, pendant l'été, on entend de tout. Mais c'est aussi le but du jeu, de sensibiliser les gens à des oeuvres plastiques pas toujours faciles d'accès mais toujours de haut niveau».
Travail sur la couleur
Thierry Le Saëc ne déroge pas à la tradition. Le Morbihannais s'exprime sans ambiguïté dans l'abstraction. Autant dans les toiles délicates, qui tapissent les murs du rez-de-chaussée que dans les gouaches, pastels, graphites, photographies ou gravures à leur avantage dans le superbe grenier aux poutres vénérables et sculpturales. Des oeuvres abstraites, certes, mais chaleureuses. Car l'homme aime jouer avec la couleur. Il confie d'ailleurs avoir été fasciné par le travail de Matisse sur la couleur, «qui devient en soi un espace mental». Une abstraction ouverte sur le monde, aussi. Pourrait-il en être autrement avec un tel parcours? Thierry Le Saëc a, en effet, dirigé un centre culturel pendant vingtans. L'occasion de créer une galerie et une artothèque municipale. «Cela m'a amené à assurer un intéressant travail de programmateur et de commissaire d'expositions», explique-t-il.
À déguster sans limite
Son cheminement de créateur, en parallèle à partir de 1986, puis, exclusivement, à partir de 2000, obéit à la même philosophie d'ouverture. En témoigne une expression artistique qui transcende les genres, les frontières et les techniques. Le plasticien, par ailleurs éditeur de livres artistiques, laisse aussi parler son inspiration par une réinterprétation de photos numériques. Et puis, finalement, abstrait et figuratif sont-ils antinomiques ou bien deux facettes, deux façons de représenter ce qui est censé être la réalité des choses? Les quatre photos présentées dans l'arrière-salle, présentant en crescendo l'idée et la représentation qu'on peut se faire d'un ciel, illustrent parfaitement le propos. Le tout, à condition qu'on ne se contente pas d'y jeter un oeil distrait et superficiel, mérite d'être dégusté sans modération.
Pratique
Jusqu'au 10 septembre. Tél.02.96.74.21.77.
www.lavilleandon.com
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