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Le billet de René Perez. Presque parfait

26 septembre 2009

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Quel succès! L'émission «Un dîner presque parfait», à laquelle participait cette semaine une Brestoise, a encore crevé un plafond d'audience. Elle témoigne de l'engouement du pays pour les plaisirs de la table et de la déco et si ça continue, on va devenir une véritable armée mexicaine: on sera tous chefs. Enfin presque.

Car personnellement, je ne suis pas prêt de passer ma première étoile, ne réussissant à ce jour à maîtriser qu'une seule spécialité: les oeufs mimosa. Pour ceux qui ignorent ce trésor de la gastronomie française, voici une recette simple: vous prenez un oeuf dur, vous le coupez en deux et vous retirez délicatement les jaunes que vous ne jetez pas car ils vont servir. À la place des jaunes, vous mettez de la mayonnaise, disons en quantité suffisante. Vous prenez les deux demi-jaunes (soit un jaune entier) que vous allez râper dans une moulinette au-dessus des deux demi-oeufs. C'est fait. Vous avez des oeufs mimosa ainsi appelés parce qu'ils sont jaunes. Vous suivez? Mais bon, avec mes oeufs mimosa, j'ai assez peu de chance de passer à la télé. Donc au cas où je serais retenu pour «Devine qui vient dîner», je rajouterais quelques accompagnements autour de mes oeufs. Ne connaissant pas grand-chose, je mettrais peut-être une salade de poivrons et aubergistes, des céleris remoulage et éventuellement du tamoulé pour que ça tienne bien au corps. Après ça, bien sûr, je proposerais un trou normand. Avec, au choix, vodka orange ou gin tonic. En plat principal, j'opterais bien pour un petit salé aux Antilles mais ça ne ferait pas couleur locale. Non, le mieux c'est que je mijote un vrai plat régional: les rognons de Roscoff, spécialité également appréciée des Rosbifs. Il ne faut pas trop les faire cuire (je ne parle pas des Rosbifs) car si j'ai bien compris, il n'y a rien de meilleur que les rognons rosés de Roscoff. En accompagnement, je choisirais naturellement des cocos de Paimpol qui doivent probablement leur nom à la visite que Lénine fit dans cette ville, en 1912. Et pour le dessert, alors là, pas de problème: je ferais une tarte Papin. Étant assez maladroit des deux mains, j'ai deux chances sur deux de la présenter du bon côté. Donc, récapitulons mon menu de débutant: oeufs mimosa et leur chariot de surprises, trou normand à la russe, rognons de Roscoff et leurs nids de cocos de Paimpol et tarte Papin à ma façon. Avec ça, je ne serai peut-être pas encore chef. Mais les invités peuvent se pointer: ils vont être servis!

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