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Astérix le Breton

24 octobre 2009

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50 ans tout rond! Joyeux anniversaire à Astérix, Obélix et leur village d'irréductibles, invités d'honneur ce week-end à Saint-Malo où on va souffler les cinquante bougies. C'est bien la moindre des choses, tant la Bretagne est redevable au petit héros à moustache et à son copain un peu enveloppé qui l'accompagne depuis un demi-siècle.

Car au moment où l'économie et la culture bretonnes allaient connaître une vitalité sans précédent, Astérix arriva fort opportunément pour renvoyer Bécassine dans le placard à balais des figures régionales. Pour le changement d'époque, la transition ne pouvait être mieux symbolisée que par ces deux personnages. Et puis, pas besoin d'être devin pour savoir où il se trouve, ce village. De Brest à la Haute-Normandie, ils ont été nombreux, au fil des décennies, à le voir au pied de leur clocher, alors qu'il n'y a aucune énigme. Dans le Tour de Gaule, Astérix dessine une carte sur le sol. Et où place-t-il la croix symbolisant le village? Du côté de Saint-Brieuc, là même où le dessinateur Uderzo passa une partie de la Seconde Guerre mondiale, rejoignant ainsi son frère aîné, réfugié fuyant le service du travail obligatoire. Un séjour breton qui a inspiré 350millions d'albums. Au passage, on se dit que si le frère s'était réfugié à Marseille, Astérix lancerait aujourd'hui, en finissant sa bouillabaisse: «Hé peuchère, Obélix, arrête d'escagasser les Romains, tu me fatigues, putain con!». On l'a échappé belle! Alors qu'en Armorique, c'est quand même d'un autre tonneau avec les menhirs, les druides, les sangliers, les harpes et ce peuple goûtant si fort la cervoise qu'il a élevé l'art de la fête parfois jusqu'à l'excès. Et puis, ils sont d'actualité, nos Gaulois! C'est sûr qu'on aurait besoin d'Obélix, en ce moment, pour faire échec aux pirates de la corne africaine. Les Gaugau... les Gaugau... les Gaulois! Et Agecanonix et sa jeune moitié, ils ne vous font pas penser à Giscard et sa princesse de Gaule? Même en politique, ils sont au goût du jour, nos Gaulois. Voyez Jacques Le Guen, qualifié d'irréductible breton dans tous les articles que la presse nationale a consacré aux bisbilles dans la tribu Uhêmepé d'Armorique. Irréductible face à la puissance de la Rome impériale, c'est bon ça coco! Sauf qu'en l'occurrence, le scénario a pris une claque depuis que l'irréductible annonce partout qu'il a le soutien de Jules César pour devenir chef du village. Alors forcément, certains se sont mis à crier au Faou et on a entendu quelques invectives où il était question de poisson pas frais. De la zizanie? Finalement, c'est une forme d'hommage reconnaissant pour les 50 ans de notre célèbre village armoricain.

  • René Perez
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