6 novembre 2009 à 16h57
Quatre élèves officiers allemands se préparent à revêtir l'uniforme de Saint-Cyr Coëtquidan après avoir réussi haut la main le grand concours d'entrée: du jamais vu depuis 1802, date de la fondation de l'école militaire d'élite par Napoléon Bonaparte.
"Passer ce concours, c'est la meilleure décision que j'ai prise de toute ma vie!", assure avec un grand sourire l'élève officier Felix Greiss, 22 ans, originaire de Rhénanie-Palatinat.
Impatients
Lui et ses trois compatriotes, entrés en septembre à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM), sont impatients de revêtir samedi soir, comme leurs 200 camarades français de promotion, le "grand uniforme" bleu marine à épaulettes rouges et de coiffer le casoar, shako à plumet blanc et rouge des Saint-Cyriens.
"C'est cette cérémonie qui m'a motivé"
"Ce n'est pas n'importe quel vêtement, il faut le mériter! Il y a un vrai lien émotionnel entre cet uniforme et celui qui le porte", explique Nicolai Kreutzer, 22 ans, originaire de Francfort, qui, en attendant, se contente du treillis allemand réglementaire.
Le rituel traditionnellement organisé sur le grand parvis du camp militaire implanté en pleine campagne bretonne se tiendra cette année sous la présidence des chefs d'état-major des armées de terre française et allemande. "C'est cette cérémonie qui m'a motivé pendant les deux ans de classe préparatoire à Saint-Cyr-l'Ecole (Yvelines)", explique Felix Greiss.
Disserter "à la française"
Au-delà des difficultés linguistiques, les élèves ont dû apprendre à disserter "à la française", se mettre à la philosophie -pas enseignée en Allemagne- ou encore gérer le stress des concours et du classement final, inconnus outre-Rhin.
"En orthographe, vos résultats n'étaient pas les pires...", les félicite Peter Erlhofer, officier de liaison de la Bundeswehr attaché à Saint-Cyr. Au cours des trois prochaines années, les jeunes Allemands suivront à Coëtquidan la formation classique des officiers français jusqu'à obtention de leur mastère. Le tout financé par la Bundeswehr.
"Aucune différence entre des officiers formés d'un côté ou de l'autre du Rhin"
Puis ils retourneront en Allemagne parfaire leur formation en école d'application avant de prendre un poste de commandement en fonction de leur classement. Tous souhaitent intégrer un corps multinational comme l'Eurocorps, la Brigade franco-allemande ou l'état-major de l'Otan.
Parallèlement, en vertu d'un accord interministériel franco-allemand, cinq élèves français suivront leur formation d'officier au sein des universités de la Bundeswehr à Hambourg et Munich.
"Le but est de montrer que les deux Etats sont tellement amis que l'on ne fait désormais aucune différence entre des officiers formés d'un côté ou de l'autre du Rhin. Cela s'inscrit aussi dans le cadre de la Politique européenne de sécurité et de défense", explique le général Eric Bonnemaison qui commande les Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan.
D'autres nationalités ?
Saint-Cyr ouvrira-t-elle à l'avenir son concours à d'autres nationalités ? "Sur le principe, rien ne s'y oppose, sachant que nous accueillons déjà des Africains, des Asiatiques, des Européens, des Américains, dans le cadre de semestres d'échange par exemple", souligne le général. Dans le cadre d'un projet d'accord avec le Qatar, encore en cours de négociation, Saint-Cyr espère prochainement implanter une antenne francophone à Doha. Ce projet a été initié par l'émir qatari cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani et son épouse, très francophiles, dont le fils a été formé... à Coëtquidan.
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