13 septembre 2009
Hier matin, à Perros-Guirec(22) une cinquantaine de personnes ont protesté devant la résidence LeVillage, inachevée depuis quatre ans, et ont mené une action symbolique.
Les volets de l'appartement sont clos. Hier matin, Alain Yaouanc n'était pas là pour réceptionner la boîte aux lettres en carton qui lui était offerte par les copropriétaires de la résidence. Cet ex-notaire a été mis en examen en juin pour usage de faux en écritures, escroquerie, tentative d'escroquerie et abus de confiance dans le cadre de la construction du Village, à Perros-Guirec (30 logements). Étant l'un des rares à avoir été livré, il demandait depuis mai une boîte aux lettres au syndic de copropriété. «Il est responsable de tous nos malheurs et il ose réclamer une boîte aux lettres», rétorque Henri-Bernard Lambert, président de l'association des copropriétaires qui a orchestré la manifestation de protestation d'hier.
Un drame pour certains
Dans les rangs du rassemblement, des propriétaires, âgés pour la plupart, ont exprimé spontanément leur détresse. Depuis quatre ans, ils attendent la livraison de leur logement malgré des versements importants et cette attente leur a souvent rendu la vie difficile. «Je lance un appel au secours. J'en ai perdu la santé et le sommeil, déclare Renée Le Goff, âgée de 79ans. Je suis en location à Perros-Guirec. J'ai déménagé plusieurs fois. Mes meubles sont dans un garde-meubles. J'avais vendu deux maisons pour acheter cet appartement au centre-ville et je suis aujourd'hui à court d'argent. Avant de mourir, j'aimerais bien le voir». «J'adore la France mais la France nous a ruinés, témoignent deuxAnglais, Diana et Bryan Short, âgés respectivement de 84 et 79 ans. Pour nous, Perros-Guirec, c'était le paradis sur terre. En ce moment, c'est l'enfer». Le chantier est toujours arrêté, mais la justice a été saisie à plusieurs niveaux. Le parquet de Brest a procédé ces derniers mois à trois mises en examen dont celles des dirigeants de la société Bretagne Habitations (Le Télégramme du 22août).
Une expertise judiciaire accordée
«Comme dans le cadre d'une faillite, nous demandons à ce qu'un administrateur provisoire soit nommé pour remplacer la société qui mène le chantier, expose le président des copropriétaires. Nous avons obtenu qu'un expert judiciaire juge l'état du chantier et ses malfaçons. Mais cela peut prendre du temps». «Nous ne voudrions pas que d'autres personnes se fassent piéger comme nous, lance une victime. Les personnes âgées sont si vulnérables».
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