Kamar et Adil. Mariage sous haute tension [vidéo + diapo]
Ils auraient préféré que ce soit l'amour et non la justice française qui triomphe. Hier, à 18h, le jeune couple hispano-marocain que le maire de Loudéac refusait de marier, a enfin pu être uni officiellement par une adjointe chargée de l'état civil, après une journée bien éprouvante.
Hier, à 14h, Adil Doubi, 31 ans, tournait, comme un lion en cage dans sa maison. Seul le sourire de Kamar El Haji Safari, sa fiancée, parvenait encore à le calmer. Pourtant, vendredi après-midi, ils pensaient voir le bout du tunnel: le juge des référés leur avait donné raison: le maire de Loudéac, GérardHuet, avait trois jours pour les marier. Samedi, ils ont officiellement été informés par les services de la mairie que leur union serait célébrée lundi, sans en dire plus. Kamar positivait: «Cela laisse un peu de temps pour se préparer». Les fiancés ont passé le week-end au téléphone, entre les appels de leur famille (du Maroc) et ceux, toujours plus nombreux, des médias.
Prévenus à 15h lundi
Lundi, sans nouvelle, Adil s'est risqué à aller à la mairie. Il a reçu une fin de non-recevoir... «Mais pourquoi? Nous voulons nous marier à la mairie pour que ce mariage soit valide. Qu'est-ce que cela cache encore». L'anxiété grandissait au fil des heures. Ils ont dû attendre 15h pour être fixé: le mariage aurait bien lieu à 18h, dans une salle municipale. Après tant de luttes, l'aspect matériel des choses aurait pu paraître secondaire. Pas pour Kamar, qui tenait à être une «vraie mariée». Avec une coiffure magnifique confectionnée par ses soins. Avec un maquillage oriental sublime mais, surtout, avec une vraie robe, rose et blanche, et le châle assorti. Et heureusement qu'il y avait Kamar, belle et sereine, pour rappeler qu'il y avait un mariage, hier, à Loudéac.
Ouverture de la salle par des policiers
À 17h30, l'attroupement autour de la salle en question faisait plus penser à un meeting politique qu'à l'imminence d'un mariage! Les propos tenus par les uns ou les autres aussi, d'ailleurs. «Ce mariage est tout un symbole: celui de la France qui respecte les droits de l'Homme», soulignait Jean-Paul. À 18h, quand deux policiers municipaux ont ouvert les portes, une rumeur de protestation s'est élevée... «Quelle ambiance pour un mariage!». Malgré son sourire accueillant, Béatrice Le Boulanger, l'adjointe à la communication chargée de l'état civil, l'a encore plus refroidie en lisant un mot d'ouverture. Celle-ci remplaçait le maire qui a, ainsi, fait savoir les raisons de son absence. La foule s'est pressée dans la salle, que le drapeau français et le portrait du président de la République avaient transformée en Maison commune (conformément à l'article75 du code civil). Elle a applaudi lors des échanges de voeux. Kamar et Adil ont brandi avec bonheur leur livret de famille tout neuf. «Nous aimons la France et son drapeau». Pour la lecture des dizaines de courriels de félicitations, à 18h20, les jeunes mariés ont dû sortir. «Nous avons des horaires à respecter», leur a-t-on expliqué. Signe du destin? La salle s'appelait «La Providence». Cela ne s'invente pas.
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Durs week-end et journée, aussi, pour le maire de Loudéac, Gérard Huet. «Depuis vendredi, je reçois des mails et des courriers d'insultes. Je suis menacé au téléphone et je passe pour un facho». L'élu a le sentiment d'une profonde injustice. «J'ai le tort de vouloir rester en paix avec ma conscience d'élu. D'un côté, l'??tat demande aux maires d'être vigilants sur l'immigration clandestine. De l'autre, la justice leur ordonne de marier des personnes en situation irrégulière. J'ai eu des doutes sur la situation d'Adil Doubi. Je m'interroge, toujours, sur l'éventualité d'une filière hispano-marocaine d'immigration. Mais on me refuse un complément d'enquête et l'on m'assigne devant le tribunal. Si la loi est mal faite et que je le dénonce, est-ce une raison pour me traiter ainsi?». Hier, il a donc obéi, tout en refusant ce mariage à la mairie. «Le choix d'un autre lieu a été motivé par des questions de sécurité: audience médiatique de cette cérémonie et menaces téléphoniques. J'aurais préféré qu'elle se déroule au tribunal de Loudéac car c'était un mariage décidé par la justice. Mais le procureur ne l'a pas autorisé».
Fidèle au poste
?? 18h, le maire se trouvait dans son bureau de la mairie «pour éviter tout trouble à l'ordre public dont je suis le dépositaire. En effet, quelques personnes sont venues occuper le hall de la mairie, dès 16h, ce lundi». Il ajoute: «Depuis 2001, j'ai célébré 28 mariages d'étrangers. Si la désinformation laisse croire à de la xénophobie, ce n'est que du terrorisme intellectuel et politique de la part d'opposants. On veut me nuire car mes prises de position dérangent».
7 réactions
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Kobikisa
Causes toujours...
La plupart des étrangers vivant en France sont au moins bilingues et avant de les critiquer, il faudrait -peut-être- s'exprimer correctement en Français : un clandestin en situation irrégulière (pléonasme), beaucoup d'histoire (sans S), une chose banal (sans E). Quant au Maire de Loudéac, il essaie de faire respecter des lois votées à la va-vite et dans un contexte malsain d'opposition entre les "touche pas à mon pote" et les xénophobes. Et où est le favoritisme lorsque les clandestins sont littéralement chassés, voire emprisonnés avec femmes et enfants dans ces centres spécialisés indignes du prétendu pays des droits de l'homme ? Quant aux associations, une seule est habilité à visiter les centres de rétention (le MRAP) et est contrainte au silence sur ce qui s'y passe. C'est ça faire la loi ? N'oublions pas que «La dictature c'est ferme ta g... et la démocratie c'est cause toujours». Pour l'instant, nous causons. Jusqu'à quand ?
Ajouté le 28 juillet 2009 à 14h04
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rug29
virulent
kobikisa est très virulent.Derrière ses propos il y aurait comme un relent de haine. (C'est pas bien ça).
"La démocratie c'est cause toujours" dites-vous; on peut aussi ajouter " tu m'intéresse".
Si les français pouvaient vraiment dire ce qu'ils pensent, et s'ils étaient entendus, il y aurait des surprises.
J'espère n'avoir pas fait trop de fautes d'orthographe.
Ajouté le 28 juillet 2009 à 15h23
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rug29
pas content
La dernière page du télégramme d'aujourd'hui fait preuve d'un angélisme affligeant.Une analyse moins sentimentale de la situation s'imposait. D'accord avec mélo87
Ajouté le 28 juillet 2009 à 11h43
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eric...
mine de rien...@melo87
il faut oser écrire : "le favoritisme dont bénéficient les émigrés clandestins en situation irrégulière". Nul doute que si derrière votre pseudo se cache une personnalité connue, elle aura sa place à la rubrique "la noix d'honneur" du canard enchainé. Du coup, je comprends votre désarroi.
Ajouté le 28 juillet 2009 à 11h31
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jose...
histoire de papiers
beaucoup d'histoire pour une chose banal
Ajouté le 28 juillet 2009 à 13h23
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clau...
condamner la justice
je pense que un maire qui connait sa commune, et qui est un officier de police judiciaire a quand mêmet de le droit de rebuter quelque chose qui est visible à ses yeux
Ajouté le 28 juillet 2009 à 19h23
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melo87
Noces de papier .
Il faut reconnaitre que l'embrouillamini des Lois et des positions gouvernementales,plaident en faveur du Maire de Loudéac,qui doit savoir,que si beaucoup de personnes condamnent son action,beaucoup d'autres aussi la soutiennent..Le favoritisme dont bénéficient les émigrés clandestins en situation irréguliére est soutenu par des association qui ont force de Loi,même si celle-ci est contradictoire dans les textes.Ici,la question n'est pas d'éprouver un sentiment humain compréhensible,mais d'appliquer les textes de Loi sur l'entrée et le séjour irrégulier des étrangers, comme le souligne le Maire.
Il faudrait savoir a la fin des fins ,ce que nous voulons. ,
Ajouté le 28 juillet 2009 à 09h55
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