1 juillet 2009 - 2 réactions
Toute la zone légumière du Nord-Finistère est touchée. Face à la spectaculaire invasion de chenilles, Solenn Perennec, de la Chambre d'agriculture, dit son inquiétude pour les producteurs d'artichauts.
Comment est apparue cette invasion de chenilles ?
Dès le pont de l'Ascension, aux alentours du 21 mai, on a constaté un vol immense et exceptionnel de papillons. Ce vol s'est poursuivi durant un mois. Les papillons ont pondu des oeufs qui ont fini par éclore et c'est là que les chenilles sont apparues.
Connaît-on l'origine de ces chenilles ?
Il s'agit de vanesses des chardons, aussi appelées «vanessa cardui», des papillons de la famille des nymphalidés. C'est une espèce migratoire qui vient d'Afrique du Nord et qui peut se déplacer très loin puisqu'on en retrouve jusqu'en Scandinavie.
Pourquoi une telle invasion, cette année ?
On n'en sait rien. Ce que l'on peut noter, c'est qu'un phénomène comparable avait été observé en juillet1939, dans le même secteur.
Quelle est la zone touchée par ces chenilles ?
Tout le Nord-Finistère est concerné. Globalement, le vol de papillons a eu lieu sur la zone légumière avec de très gros foyers sur certaines parcelles. Des invasions ont été constatées à la Pointe Saint-Mathieu, au Conquet ou encore à Plougonvelin. Taulé et sa région sont aussi concernées. Dans le Trégor, le phénomène est un peu moindre mais il y en a également, à Locquirec notamment.
Ces chenilles sont-elles urticantes ?
Non.
Quelles sont les cultures menacées ?
Les vanesses des chardons peuvent s'attaquer à plusieurs cultures. Ses plantes de prédilection sont les artichauts mais elles s'attaquent aussi aux chardons, d'où leur nom, et aussi aux orties. Des craintes existent pour les tomates mais on n'est sûrs de rien à ce niveau.
Quelles sont les parades possibles pour les agriculteurs ?
Lorsqu'un certain nombre d'agriculteurs se sont inquiétés du phénomène, on leur a conseillé de traiter. Avec deux solutions possibles. Pour les agriculteurs bio et ceux qui pratiquent l'agriculture raisonnée, on a conseillé d'utiliser des produits à base d'un bacille, le «Bacillus thuringiensis», qui se développe dans l'estomac des chenilles et est censé les faire mourir de faim. Ces produits avaient notamment l'avantage d'être respectueux des auxiliaires qui assurent la protection des cultures. Pour les agriculteurs conventionnels, on a préconisé l'utilisation de pyrethrinoïde, un insecticide chimique. Au final, on s'est rendu compte que la première solution s'avère catastrophique puisque son efficacité n'est que de 20% environ.
Les répercussions économiques de cette invasion seront-elles importantes ?
Pour les agriculteurs bio, cela risque d'être la catastrophe. Les agriculteurs conventionnels devraient s'en sortir un peu mieux.
On dit que ces chenilles se déplacent très vite...
C'est en effet super-impressionnant et ça fait peur. On dirait les bataillons d'une armée capables de traverser les routes pour aller d'un champ à l'autre ravager les cultures. On s'interroge en se demandant s'il n'y aura pas une autre ponte. Il va falloir surveiller cette invasion de chenilles de très près.
