7 novembre 2009
Les toutes nouvelles résidences d'un quartier brestois ont fait les frais, dans la nuit de jeudi à vendredi, d'un commando de tageurs pour le moins agressif. Une trentaine d'inscriptions au marqueur sont venues recouvrir les murs du carré Saint-Martin (entre la place Saint-Martin et le centre Coat ar Gueven), sur fond de lutte de classes sociales. Le quartier est tout neuf, composé de logements plutôt confortables, avec terrasses et appartements de grand standing dans les principaux bâtiments. Un premier jet d'inscriptions avait déjà été constaté et effacé il y a quelques mois. Le flot déposé jeudi soir a ajouté au trouble des résidants.
Menaces explicites
«On ne fait pas d'omelette sans casser des bourges». «Ta voiture est plus belle cramée». «On veut une vie riche pas une vie de riches». «Vous habitez ce quartier, alors pas de quartier»... Les formules virulentes, sans aucune faute d'orthographe, parfois injurieuses en anglais, renvoient systématiquement à la différence des classes sociales, au rejet de la bourgeoisie et du capitalisme. Ces messages évoquent également le combat des sans-papier et des squatters expulsés. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de rapprocher cet épisode de l'expulsion, en milieu de semaine, d'un groupe de squatters d'un immeuble de la rue Bruat, quelques dizaines de mètres plus haut dans le quartier (groupe déjà expulsé en octobre d'une maison de la rue Yves-Collet), puisqu'une partie des logements tagués dans la nuit de jeudi à vendredi reste vacante.
Rancoeur et déstabilisation
Mais comme pour noyer le poisson, plusieurs combats politiques sont étalés sur les murs. Causes basque, bretonne, avec le A des anarchistes qui revient le plus souvent. Ces logements au style moderne et original dans leur conception concentrent manifestement la rancoeur des auteurs. Du côté des habitants du quartier, pas de réactions officielles, pas de témoignage à visage découvert. Discrétion également de la part du syndic, au coeur d'un quartier en devenir. Une plainte a été déposée. Les policiers sont venus constater les dégâts
. La déstabilisation de ces nouveaux habitants se poursuit.
