16 septembre 2009
Unique au monde, l'usine marémotrice de la Rance produit l'équivalent de la consommation électrique annuelle d'une ville comme Rennes, sans émettre de CO2.
Inaugurée en 1966, l'usine marémotrice de la Rance constitue une prouesse technologique de renommée internationale. Équipée de 24 groupes de production, dits «groupes bulbes», de 10MW chacun, l'usine fonctionne au rythme des marées, montantes et descendantes. Produisant de l'énergie sans émettre de gaz à effet de serre, elle séduit de plus en plus à l'étranger.
«Plus qu'une énergie renouvelable»
Atout majeur de l'énergie marémotrice, son exploitation n'entraîne qu'un faible impact environnemental. Par ailleurs, la périodicité de la production électrique étant liée aux marées, les volumes produits sont aisément prévisibles. «Les énergies renouvelables telles que le vent, le soleil, l'eau, la biomasse ou la géothermie n'utilisent pas de combustibles, et ont donc un faible impact sur le climat, rappelle Cyrille Périer, directeur du Groupement d'exploitation hydraulique EDF Ouest. L'énergie marémotrice est plus qu'une énergie renouvelable, c'est une énergie perpétuelle, dont on peut prévoir l'évolution sans aucune inconnue. Quant à l'impact de la construction du barrage sur l'estuaire de la Rance, le milieu a changé, mais ne s'est pas appauvri. Tout estuaire est condamné à sédimenter». Surnommée «presqu'île électrique», la Bretagne ne produirait que 6,5% de l'énergie consommée sur son territoire, d'où certaines inquiétudes lors des pics de consommation hivernale.
2,5% de la consommation régionale
«L'usine marémotrice de la Rance produit 2,5% de la consommation régionale, indique CyrillePérier. Si l'on sait que la marée intervient au moment du pic de consommation, on peut augmenter la production. En décembre, tous les mégawatts sont importants!». Un projet actuellement à l'étude permettrait d'accroître le rendement de l'usine de 3%.
Un modèle qui s'exporte
Inconvénient de l'énergie marémotrice, son exploitation nécessite d'importantes infrastructures. Le prototype de la Rance n'a ainsi fait que peu d'émules. La situation serait néanmoins en train d'évoluer. «De nombreux projets ont été envisagés dans le monde, précise Cyrille Périer, mais ils nécessitent des constructions gigantesques. Cependant, avec la montée des contraintes environnementales, l'usine marémotrice est de plus en plus rentable, le gaz et le charbon étant coûteux à exploiter. Un gros projet d'usine marémotrice de 8.000MW est d'ailleurs à l'étude dans la baie de Bristol, en Angleterre». 2010 verra la mise en service d'une usine marémotrice en Corée. Des contacts russes, chinois et canadiens ont également été établis. Surfant sur la vague verte, les énergies perpétuelles semblent vouées à un avenir prometteur. «Avec la nouvelle donne et les nouvelles aspirations, les problématiques énergétiques nécessitent des choix de société», conclut Cyrille Périer.
Brest ville. Énergies marines. «C'est le moment de concrétiser !»