29 octobre 2009
Fraîchement diplômés en audiovisuel, les Vannetais Thomas et Lucie sont partis pendant un mois au Maroc à la rencontre des habitants. Entre grosses villes touristiques et petits villages isolés, ils en tirent un documentaire criant d'humanité.
La licence en poche depuis juin, Thomas et Lucie n'ont pas traîné à mettre en action leurs nouveaux savoir-faire: «On a décidé de se lancer dans une réalisation auto-produite, avec l'association Carpeta. On a monté un projet jeunes pour partir réaliser un documentaire au Maroc». Les mairies morbihannaises d'Elven, Saint-Avé et Plescop ainsi que la communauté de communes du pays de Muzillac ont donné le coup de pouce nécessaire, en préachetant le film pour le projeter dans le cadre du mois du documentaire et de la semaine de la solidarité internationale.
1.800EUR de budget
De quoi collecter les 1.800EUR nécessaires à leur aventure. Un budget somme toute restreint pour un mois de voyage, du 16septembre au 12octobre. Et pour cause! Thomas et Lucie ont la plupart du temps dormi chez l'habitant, dans d'accueillants salons marocains ou à la belle étoile en terrasse, au gré de leurs rencontres. Ils ont notamment interviewé un ancien footballeur professionnel marocain devenu cuisinier, un cascadeur français gérant les studios de Ouarzazate depuis dix ans, ou encore un guérisseur que Thomas a mis à contribution pour un problème de peau: «J'ai sa potion magique! Il m'a promis que c'était le dernier médecin que je consultais pour ça...» De la grosse ville touristique qu'est Marrakech aux petits villages berbères, des montagnes de l'Atlas au désert du Sahara, ils ont voyagé pendant un mois, trimballés en 4x4 ou à dos de dromadaire. S'intéressant au quotidien des gens: «Le but de ce projet, c'était de montrer un pays à travers ses habitants, avec un autre point de vue que celui des tour-opérateurs», explique Thomas Le Gallic. Le mode de vie nomade les a fascinés: «Leur chef nous a dit qu'ils naissaient nomades, on ne le devient pas, explique Lucie. Ils élèvent des chèvres et creusent des puits pour trouver de l'eau. Ils se déplacent moins qu'avant et construisent maintenant des cabanes en dur».
Un carnet de voyage de 26 minutes
Les deux jeunes Français ont aussi pu vérifier l'action sur place d'une association de Muzillac, Sovitag: «Ils apportent vraiment beaucoup dans de petits villages isolés. Les sols y sont trop pauvres pour les cultiver. L'artisanat ne marche pas parce qu'il n'y a pas de touristes. Sovitag construit des écoles, équipe les écoliers, met en place des toilettes sèches...». Les deux documentaristes sont maintenant en plein montage. Des quinze heures de bandes collectées, ils vont tirer un documentaire de 26 minutes, sous la forme d'un carnet de voyage. Ils ont aussi sélectionné 30 photos, sur les 1.000 prises, pour monter une exposition. Leur rêve? «Repartir là-bas et projeter le film dans tous les villages traversés». Pratique Projections le 8novembre, à 17h, à la médiathèque de Plescop; le 13novembre, à20h30, à la salle des fêtes d'Elven; le 18novembre, à 20h30, au Vieux Couvent de Muzillac; le 18décembre, à 20h, au Dôme de Saint-Avé.
«Le but de ce projet, c'était de montrer un pays à travers ses habitants, avec un autre point de vue que celui des tour-opérateurs». »
