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Bretagne

Bugaled-Breizh. Bergot veut voir des SNA et... Alliot-Marie

4 octobre 2009

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Mardi, à 9h, l'avenir du dossier Bugaled se joue à Rennes. Me Bergot, avocat, espère que la chambre d'appel y dira oui à la poursuite de l'enquête car il veut lever le secret défense sur les sous-marins nucléaires d'attaque de cinq pays (SNA) et faire entendre Michèle Alliot-Marie.
 

Pouvez-vous nous rappeler le premier enjeu de cette audience d'appel rennaise ?
Pour les familles, cette audience est capitale. En juillet 2008, les juges d'instruction Foltzer et Corre ainsi que les experts ont conclu leur enquête en disant que la thèse la plus probable du naufrage du Bugaled-Breizh (ndlr : trois morts et deux disparus le 15 janvier 2004 en Manche) était celle d'une croche avec un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA). États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine et France en ont. Pour nous, les juges d'instruction actuels doivent interroger la France et ces autres pays via des commissions rogatoires internationales pour qu'ils donnent les positions de leurs SNA le jour du naufrage. Mais les juges ne sont pas dans cette logique et le procureur non plus.

Pourquoi les juges d'instruction ne vous suivent-ils pas ?
Les juges d'instruction actuels nous disent que «c'est illusoire d'aller interroger ces pays-là car ils ne nous répondront pas». Moi je leur dis: c'est sûr qu'on n'aura pas la réponse si on ne pose pas la question. Donc, il faut la poser cette question par la voie de la coopération judiciaire internationale ou par la voie diplomatique.

L'autre enjeu de cette audience est-il de permettre l'audition de hauts responsables français dont Michèle Alliot-Marie ?
Oui, car je suis persuadé que l'état-major de la Marine française n'a pas donné toutes les informations aux enquêteurs. J'en veux pour preuve que le Thursday War (ndlr : exercice militaire anglais incluant des sous-marins et qui se déroulait le jour du drame) n'a été révélé qu'au printemps 2005 par voie de presse. Or, le ministère de la Défense français, qui préparait avec les alliés de l'Otan l'exercice Aswex 04 ce même jour, ne pouvait pas ignorer ces opérations anglaises sur la zone du naufrage. Je trouve que ça mérite des explications et, qu'à ce titre, Michèle Alliot-Marie serait à entendre vu qu'elle était ministre de la Défense à l'époque.

Mardi, à Rennes, la justice pourrait néanmoins stopper l'enquête...
Il est certain que si la cour d'appel suit la position des juges et du procureur, c'est fini pour l'enquête et on va vers un non-lieu. Si on ne peut pas identifier un SNA, on ne peut pas désigner de responsable et donc, d'un point de vue judiciaire, la procédure ne pourrait être que clôturée.

Ceci à un moment où une enquête sur le naufrage s'ouvre en Angleterre. C'est compliqué tout cela pour l'opinion publique, non ?
Oui, c'est sûr. Ça serait compliqué d'entendre que la justice française arrête les investigations à un moment où la justice anglaise se saisit du dossier.

Ce mardi, à Rennes, les parties civiles souhaitent que la séance d'appel soit ouverte au public. La sera-t-elle ?
J'ai de bonnes raisons de croire que la chambre d'appel déclare l'audience publique. Une pétition a réuni plus de 7.000 signatures en Cornouaille. C'est un très beau résultat. Cela rejoint le combat des familles des victimes qui depuis le début veulent savoir la vérité.

  • Propos recueillis par Pascal Bodéré

Hommage aux victimes. 200 personnes à Plouhinec

À deux jours de l'audience qui aura lieu à Rennes, et pour répondre à l'appel des familles, des comités locaux des pêches d'Audierne et de Douarnenez et de la caisse locale des péris en mer, plus de 200 personnes se sont réunies, hier, sur le terre-plein du port de Poulgoazec, devant le monument des péris en mer, à Plouhinec (29), en signe de soutien aux familles des victimes du Bugaled-Breizh. Après six ans de lutte sans relâche pour connaître la vérité sur ce naufrage, la crainte de tous est de voir cette affaire classée sans suite. Après les discours, teintés d'une grande émotion, un moment de recueillement a été observé, suivi d'un dépôt de gerbe.
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