4 juin 2009
3 millions d'épaves. Les archéologues ont encore du pain sous la mer ! Pour échanger sur leurs pratiques et leurs problèmes, ils sont une cinquantaine, d'Europe et d'Amérique, réunis pour trois jours à Lorient. Il reste encore une journée de conférences à suivre.
« Si un jour, on vous propose une aventure comme celle là. Je vous donne un conseil : dites non ! » Dans l'amphithéâtre du Paquebot à Lorient, les rires fusent. Le Canadien Marc-André Bernier vient de raconter l'aventure des fouilles de Red Bay. Puis du marathon pour la publication d'une série d'ouvrages en français et en anglais sur ces découvertes. « Trente ans. C'est une indigestion totale ! »
Le temps s'arrête
On est bien loin de l'image excitante de chercheurs de trésors. Fouiller sous l'eau est aussi délicat et méthodique que fouiller sur terre. Et surtout le travail ne s'arrête pas là. Rien ne sert de fouiller si l'on en fait pas quelque chose. « On connaît aujourd'hui 5.000 épaves » explique Michel L'Hour, directeur du DRASS (département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines). « Elles sont autant de « pages d'archives englouties » car à terre la vie continue, on transforme, on reconstruit. Sous l'eau, passée la catastrophe, le temps s'arrête. »
Une discussion indispensable
Pour les archéologues, les recherches sous-marines sont donc particulièrement intéressantes. Mais elles sont leurs contraintes, notamment :
- le droit très différent d'un pays à l'autre,
- les coûts, souvent très élevés. Chaque pays abordant à sa manière le financement de ces chantiers.
- la difficulté, une fois la fouille et ses analyses terminées, de faire entrer ces découvertes dans les données utilisables par les autres chercheurs et de financer une vulgarisation pour le grand public.
Les trois jours de rencontres de Lorient permettent de faire un état des lieux de ces contraintes, mais aussi des méthodes et des formations dans les différentes pays. « C'est indispensable pour faire avancer notre jeune discipline » conclut Michel L'Hour.
- « La conservation des biens maritimes : traitements et alternatives pour le patrimoine sous-marin », de Jean-Bernard Mémet, laboratoire A-Corros. - « Le patrimoine archéologique sous-marin : quelles implications pour les musées maritimes ? », de Hélène Tromparent de Seynes, musée de la Marine, - « La mer pour mémoire, réflexion sur la présentation de l'archéologie sous-marine » de Michel L'Hour et Elisabeth Veyrat, DRASSM. - « Imagerie sous-marine, patrimoine contemporain et médiation patrimoniale : l'invention d'un musée sous-marin au pays de Lorient », de Christophe Cérino, Université de Bretagne-Sud.
Lieu
Université de Bretagne-Sud,
Maison de la recherche,
4, rue Jean-Zay, à Lorient.
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