7 novembre 2009
La France, habituellement prudente dans ses commentaires sur la Tunisie, est sortie hier de sa réserve pour exprimer sa préoccupation sur le sort des défenseurs des droits de l'Homme dans ce pays où presse et opposition sont étroitement surveillées. «Nous suivons la situation avec attention, nous avons exprimé notre inquiétude à l'ambassadeur de Tunisie (à Paris) et nous avons saisi nos partenaires européens de cette question», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. Celui-ci était interrogé sur le cas de Taoufik Ben Brik, journaliste très critique à l'encontre du président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, réélu le mois dernier par 89,62% des voix et qui fête samedi son 22e anniversaire à la tête de l'État. L'arrestation de Taoufik Ben Brik, écroué depuis le 29octobre, serait liée, selon son entourage, à ses articles publiés dans la presse française sur le scrutin présidentiel et non à la version officielle d'une agression. Appelé à comparaître devant un tribunal le 19novembre, le journaliste risque jusqu'à cinq ans de prison.
Delanoë dans le collimateur
Récemment, une dénonciation du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë appelant «au respect strict des droits de l'Homme en Tunisie», lui a valu une vigoureuse riposte de Tunis. Emboîtant le pas aux autorités, les maires de Tunis et de quatre autres villes dont Bizerte (ville natale du maire de Paris) ont annoncé leur décision de quitter l'Association internationale des maires francophones (AIMF), présidée par Bertrand Delanoë.
