24 juin 2009 - 3 réactions
La Française Florence Cassez, condamnée à 60ans de prison pour complicité d'enlèvement devra purger sa peine au Mexique. Elle a toujours clamé son innocence.
«Aujourd'hui, on me condamne à mort», a réagi, hier, Florence Cassez, qui devra purger sa peine de 60 ans de prison au Mexique pour des enlèvements dont elle se dit innocente, au lendemain du refus du président mexicain Felipe Calderon d'autoriser son transfèrement en France. Se disant «anéantie», «complètement trahie», la jeune femme, âgée de 34 ans, a réaffirmé son innocence et dénoncé «les faux témoignages, les mensonges». Elle a attribué la décision de Felipe Calderon aux élections législatives au Mexique qui ont lieu dans deux semaines. Elle a également déclaré avoir «renoncé à l'amparo», procédure judiciaire censée garantir les droits constitutionnels au Mexique. «Je ne m'en vois pas la force», a-t-elle expliqué.
Des systèmes judiciaires «incompatibles»
Le président mexicain Felipe Calderon a annoncé lui-même, lundi soir lors d'une allocution télévisée, le refus de transfèrement de la jeune femme en France. Il a invoqué l'incompatibilité entre les systèmes judiciaires français et mexicain. La durée maximale d'emprisonnement prévue au Mexique, 60ans, est en effet inapplicable en France, ce que Felipe Calderon a jugé «inacceptable». Selon le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, la France «utilisera et utilise tous les moyens de droit international pour obtenir le transfert». L'avocat de FlorenceCassez, MeFranck Berton, compte de son côté porter l'affaire devant la Cour suprême mexicaine. Lors d'une visite au Mexique en mars, Nicolas Sarkozy s'était pourtant mis d'accord avec son homologue mexicain pour la création d'une commission de juristes des deux pays. Il s'agissait de mettre au point les détails d'un éventuel transfèrement pour permettre à la jeune femme d'effectuer sa peine en France, dans le cadre de la Convention de Strasbourg, prévoyant le transfèrement des personnes condamnées dans leur pays d'origine.
