5 novembre 2009
La police iranienne a violemment dispersé, hier, des milliers d'opposants, qui ont manifesté à Téhéran en marge d'un défilé anti-américain.
Malgré l'interdiction des autorités iraniennes, les partisans de l'opposition, qui conteste la réélection, le 12juin, du président ultraconservateur Ahmadinejad, sont descendus dans la rue, hier.
Des blessés
Aux cris d'«Allah Akbar» (Dieu est grand), des milliers d'entre eux ont manifesté sur la place centrale Haft-e Tir, profitant de l'organisation d'un rassemblement officiel pour le 30e anniversaire de la prise de l'ambassade des Etats-Unis. Les policiers, des membres des forces de sécurité en civil et les miliciens islamistes mobilisés pour l'occasion sont intervenus à coups de bâtons et de gaz lacrymogène. Un nombre indéterminé de manifestants ont été arrêtés ou blessés. Selon le site de l'opposition mowjcamp.com, l'un des chefs de l'opposition Mehdi Karoubi a été frappé par des partisans du pouvoir. Narguant la police, d'autres opposants, la plupart des jeunes, se sont rassemblés par petits groupes en criant «Mort au dictateur». Selon l'agence officielle Irna, les opposants ont incendié des bennes à ordures, cassé des vitres de bus et attaqué des policiers. D'après des témoins, le correspondant de l'Agence France Presse, Farhad Pouladi, a été interpellé par des membres des forces de sécurité. Les affrontements ont duré plusieurs heures.
«Pas de bon augure»
Ce regain de violence inquiète la communauté internationale. «Nous suivons la situation de près», a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, tandis que le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner estimait qu'un «gouvernement qui réprime chez lui et refuse le dialogue à l'extérieur» n'est «pas de bon augure». La dernière manifestation de l'opposition remonte au 18septembre. Elle avait alors profité d'un rassemblement officiel propalestinien pour apporter son soutien à son chef et ancien candidat, Mir Hossein Moussavi. Non loin de la place Haft-e Tir, des milliers de personnes s'étaient rassemblées, hier, à l'appel du pouvoir devant l'ancienne ambassade américaine. Le 4novembre 1979, des étudiants islamistes avaient assiégé l'ambassade américaine, prenant en otages ses diplomates pendant 444 jours.
La marine israélienne a saisi des centaines de tonnes d'armes destinées au mouvement chiite libanais Hezbollah, à bord d'un cargo arraisonné au large de ses côtes, a annoncé, hier, le numéro deux des forces navales. «Nous avons découvert des dizaines de conteneurs, des centaines de tonnes d'armes et de munitions pour le Hezbollah, en provenance d'Iran», a déclaré le contre-amiral Rani Ben-Yehuda. Jusqu'à présent, les soldats israéliens n'ont pas trouvé de missiles sol-air ou antichars, a précisé le chef de la Marine. Cette cargaison d'armes de contrebande est l'une des plus importantes jamais saisies par les Israéliens. Un commando de marine avait intercepté, hier avant l'aube, un navire marchand, battant pavillon d'Antigua, le «Francop», à environ 100 milles nautiques (180km) des côtes d'Israël. Le bateau, long de 137 mètres, a ensuite été conduit au port d'Ashdod, au sud de Tel-Aviv. Selon les autorités, le capitaine du «Francop», de nationalité polonaise, ignorait tout du contenu de la cargaison et a laissé le commando israélien inspecter son navire. Israël, qui accuse la Syrie et l'Iran de fournir des armes au Hezbollah et au mouvement islamiste palestinien Hamas, a procédé à plusieurs reprises dans le passé à des interceptions de bateaux transportant des armes en haute mer.
