30 juin 2009 à 15h38
"J'ai vu l'avion atterrir, alors je suis entré dans l'aérogare pour chercher ma mère, mais là, je me suis aperçu qu'il n'y avait plus d'avion". A l'aéroport de Moroni, la douleur a rapidement succédé à la stupéfaction après le crash.
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A l'instar du jeune Moussa Boina venu chercher sa mère, l'ancien ministre de la Défense Houmed Msaidié est resté à l'aéroport toute la nuit à l'affût de la moindre information sur le sort de sa belle-mère. "J'ai vu l'avion approcher puis repartir, je n'ai pas compris", explique-t-il, encore sidéré.
"J'ai eu beauxoup de chance"
A l'aéroport de Moroni-Hahaya, beaucoup de gens venus accueillir leurs parents, dont une grande partie venait de France, sont en pleurs et tombent dans les bras des uns des autres, en sanglots. A côté des parents de victimes éplorées, un homme loue Dieu: "j'ai eu beaucoup de chance, mon épouse devait prendre cet avion, mais on avait annulé à la dernière minute à cause d'une promotion d'Air Madagascar", rapporte, soulagé, l'ancien député Assoumani Youssouf Mandura.
Embouteillage de plusieurs heures
Les informations circulent vite dans la capitale comorienne et vers 1 h du matin, la nouvelle de l'accident s'est répandue dans toute l'île de la Grande-Comore, la principale de cet archipel très pauvre de l'océan Indien. Les 16 km qui séparent la capitale Moroni de l'aéroport ont rapidement été pris d'assaut par les véhicules de familles venues s'enquérir de leurs proches, créant un embouteillage monstre de plusieurs heures.
"Personne n'arrive à gérer le choc seul"
Dès le milieu de la nuit, les gens ont commencé à sortir de chez eux et se regroupaient pour évoquer le drame. Beaucoup ne sont pas allés au travail aujourd'hui tandis que les membres du gouvernement se rendaient à l'aéroport.
"C'est si grave que personne n'arrive à gérer le choc seul. Le deuil est d'autant plus profond que c'est la période des vacances et des grands mariages", une des grandes traditions de l'archipel qui officialise les unions par une grande cérémonie familiale, rappelle Mohamed Ali, un enseignant d'Itsandra, petite localité sur la route de l'aéroport.