20 mars 2009
Prison à vie avec internement psychiatrique. Josef Fritzl a accepté, hier, sa condamnation. Il a été reconnu coupable du «martyre inimaginable» infligé pendant 24ans à sa fille Elisabeth.
Les huit jurés de la Cour d'assises ont reconnu, hier, à l'unanimité, Josef Fritzl, 73 ans, «coupable» de tous les chefs d'accusation: séquestration, viols, inceste, esclavage, menaces aggravées et aussi et surtout meurtre par non-assistance à personne en danger. Le retraité le plus tristement célèbre d'Autriche a été condamné à la prison à vie pour le «martyre inimaginable» infligé pendant 24 ans à sa fille Elisabeth, séquestrée et violée dans une cave-cachot, sous les yeux des enfants nés de l'inceste. Une peine assortie d'un internement psychiatrique pour une durée indéterminée. Placide et sans laisser transparaître la moindre émotion, Josef Fritzel a accepté, hier, sa condamnation. Il a indiqué qu'il ne ferait pas appel.
«Je regrette de tout mon coeur»
Dernier à prendre la parole, conformément à la loi, Josef Fritzl, a laconiquement déclaré: «Je regrette de tout mon coeur. Je n'y peux plus rien, malheureusement». Quant à Elisabeth, aujourd'hui âgée de 42 ans, elle a fait savoir par son avocat, Me Eva Plaz, qu'elle voulait «qu'il soit rendu responsable de ses actes jusqu'à sa mort». Dans son bouleversant témoignage-vidéo de onze heures, diffusé à huis clos devant la cour, elle a relaté son «martyre inimaginable» enduré pendant plus de la moitié de sa vie. Ce témoignage et la présence d'Elisabeth dans la salle mardi ont fini par convaincre Josef Fritzl de ses responsabilités dans le drame, selon son avocat.
Imbu de pouvoir
Mercredi, dans un revirement spectaculaire, Fritzl s'était reconnu coupable, admettant 3.000 actes de viols, 24 ans de séquestration et un meurtre. L'experte l'avait décrit comme un homme maladivement imbu de pouvoir, souffrant de troubles graves de la personnalité et de déviances sexuelles: «Je suis né pour violer», lui avait-il confié. Le drame a été révélé en avril2008 avec l'hospitalisation de l'un des enfants séquestrés avec leur mère. L'adolescente, Kerstin, n'avait jamais vu la lumière du jour, vivant dans un réduit de 40m² infesté par les rats et condamné par des portes à verrouillage électronique installées par Fritzl, ingénieur de formation et bricoleur passionné.
