5 septembre 2009 - 3 réactions
Un soldat du 3e RIMa de Vannes est mort hier matin lors d'une attaque en Afghanistan. La victime se trouvait à bord d'un véhicule touché par un engin explosif placé sur une route. Neuf autres militaires du RIMa ont été blessés dont quatre grièvement.
>Un choc terrible pour le régiment
>La réaction du maire de Vannes, François Goulard
Le 3e régiment d'infanterie de marine de Vannes paie un lourd tribut en Afghanistan. Le 1eraoût dernier, un caporal de 22 ans, originaire de la région de Dinan (Côtes-d'Armor), avait été tué et deux autres soldats blessés lors d'une opération de soutien à l'armée afghane. L'attaque survenue hier vers 7 h, au nord-est de Kaboul, se solde par un premier bilan encore plus terrible: un mort et neuf blessés dont quatre grièvement, selon le ministère de la Défense. Le véhicule de l'avant-blindé à bord duquel les militaires circulaient a été touché par l'explosion d'un engin placé sur la route. Originaire de l'île de la Réunion, le caporal Johan Naguin, n'a pas survécu à l'attaque. Les neuf autres victimes sont tous des militaires du 3e RIMa de Vannes. Selon l'état-major de l'armée de Terre, quatre d'entre eux ont été grièvement blessés. Aucune autre précision n'a été communiquée sur leur état de santé. De source proche du régiment, «le pronostic vital n'est pas engagépour les autres militaires blessés». Selon le maire de Vannes, François Goulard, «bouleversé» par ce nouveau drame en Afghanistan, deux des victimes seraient originaires de Saint-Avé (56) et LaTrinité-Surzur (56). Interrogé sur les circonstances de l'explosion, le colonel Pierre Schill, chef de corps du 3e RIMa, indique que le véhicule visé participait à «une mission de reconnaissance» d'un axe routier. Objectif: sécuriser avant le passage d'un convoi logistique.
Un échange de tirs
«Le véhicule était équipé d'un système de brouillage des ondes censé empêcher le déclenchement à distance d'engins explosifs placés sur les routes. Mais la mine a quand même fonctionné», note le colonel Schill, tout en émettant l'hypothèse que l'engin était peut-être relié au détonateur par un fil, rendant ainsi inopérant le brouillage des ondes. Le lieutenant-colonel Nicolas Engelbach a précisé qu'une seule charge a explosé, mais «elle a atteint les munitions qui étaient à bord, ce qui explique le nombre élevé de victimes». L'attaque a été suivie d'échanges de tirs entre les troupes françaises et les insurgés. Puis une unité du Groupement tactique interarmes du secteur de Kapisa, qui armait la force de réaction rapide, a été «immédiatement déployée depuis Nijrab pour sécuriser la zone et permettre l'évacuation des blessés», indique un communiqué de l'état-major des armées. Les blessés ont été évacués par hélicoptères vers les hôpitaux militaires de Bagram et Kaboul.
«Violence aveugle»
Quelque 450 soldats du régiment se trouvent actuellement en Afghanistan. Ces militaires forment l'ossature de la force Kapisa qui compte 750 hommes. Le président Nicolas Sarkozy a condamné hier «avec force cette violence aveugle» et réaffirmé «la détermination de la France à continuer d'oeuvrer au rétablissement de la paix et au développement en Afghanistan». «Ce nouveau sacrifice n'est pas vain», a pour sa part déclaré le ministre de la Défense. «Abandonner les Afghans au chaos et à la tyrannie ne serait pas une erreur mais une faute», a ajouté Hervé Morin.
«Ce nouveau sacrifice n'est pas vain.»
