2 juin 2009 à 17h55
Foudre, panne électrique, terrorisme, erreur humaine...: en l'absence de toute certitude sur les causes de la catastrophe, aucune hypothèse n'est pour l'instant écartée pour expliquer la disparition lundi matin à l'aube du vol AF 447 au-dessus de l'Atlantique.
L'avion a-t-il été frappé par la foudre?
L'hypothèse a été avancé par Air France dès l'annonce du drame, hier matin. "Le plus vraisemblable, c'est que l'avion a été foudroyé", avait déclaré François Brousse, directeur de la communication de la compagnie. "L'avion est entré dans une zone orageuse avec de fortes perturbations qui ont provoqué des dysfonctionnements", avait-il ajouté. L'avion a en effet traversé le fameux "pot au noir", connu pour ses perturbations orageuses. C'est une zone de basses pressions où se rencontrent des masses d'air de l'hémisphère nord et de l'hémisphère sud. Le foudroiement suffit-il a expliqué le drame ? Les experts souligent que le phénomène est assez fréquent et qu'il n'entraîne pas, normalement, de grave accident. L'airbus A 330 est conçu comme une cage métallique qui évacue la foudre.
Les systèmes électriques de l'avion sont-ils tombés en panne?
L'avion d'Air France a envoyé un message automatique faisant état d'une "panne de circuit électrique" à 2 h 14 GMT (4 h 14 heure de Paris), selon la compagnie. Cela pourrait être la conséquence d'un foudroiement... Cependant, les systèmes les plus vitaux des avions de ligne sont doublés, triplés, voire quadruplés, empêchant normalement toute panne définitive. Dans l'hypothèse improbable d'une panne totale, l'avion dispose même d'une turbine de secours ressemblant à une petite éolienne, qui sort du fuselage et produit juste assez d'électricité pour faire fonctionner les systèmes les plus importants à bord.
L'avion a-t-il été pris dans des fortes turbulences ?
Oui, selon Air France. Ces secousses sont habituelles dans le "pot au noir" mais n'expliquent pas à elles-seules un accident. "Il y avait globalement sur la zone des perturbations tropicales puissantes. C'est des appareils habilités à ce genre de circonstances, mais il doit y avoir un accumulation de circonstances", selon le ministre de l'Ecologie, en charge des Transports, Jean-Louis Borloo. Les avions de lignes disposent de radars météorologiques qui leur permettent normalement d'éviter les zones les plus dangereuses.
L'avion a-t-il été victime d'un acte de terrorisme ?
L'hypothèse d'un détournement "est clairement écartée", affirmait lundi Jean-Louis Borloo, privilégiant "l'hypothèse d'un accident". Toutefois, en l'absence de certitude concernant les circonstances exactes de la catastrophe, les autorités préfèrent rester prudentes. "On n'a pas le droit d'exclure par définition l'acte terroriste, puisque le terrorisme est la menace principale pour l'ensemble des démocraties occidentales", a déclaré aujourd'hui le ministre de la Défense Hervé Morin.