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France

Usurpation d'identité. 210.000 victimes par an!

7 octobre 2009

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C'est un nouveau fléau qui fait 210.000 victimes par an: l'usur- pation d'identité. Attention notamment aux poubelles, qui peuvent recéler des papiers très convoités par les malfaiteurs.

Chaque année en France, plus de 210.000 personnes sont victimes d'usurpation d'identité, un phénomène que la législation peine à réprimer et qui coûte plusieurs milliards d'euros en fraudes aux organismes sociaux. «Cette infraction existe depuis environ vingt ans et connaît une croissance de 40% par an!», s'est inquiété Christophe Naudin, criminologue à Paris II.

C'est très facile

Pourtant, les gens ont l'impression «de faire ce qu'il faut pour se protéger», relève Frédéric Lehuédé, du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc). «Subtiliser l'identité d'un tiers se révèle une opération très facile: il suffit de connaître le nom, la date et la localité de naissance», souligne le Credoc. Attention donc aux poubelles! Elles recèlent parfois assez de documents avec des données personnelles (feuilles de paie, de Sécu, relevés bancaires...) pour qu'un escroc, ou un réseau, usurpe facilement une identité complète. «Contrairement à ce que notre époque numérique pourrait laisser penser, le principal vecteur d'usurpation sont les documents papier et non le hacking» (piratage sur le net), insiste le criminologue. «Tout le monde peut être touché, du citoyen lambda au président de la République», rappelle-t-il, en référence au piratage du compte bancaire de Nicolas Sarkozy, en août2008.

Une histoire de fou

Si certaines victimes identifient les circonstances probables de l'usurpation (vol de sac à main, portefeuille, courrier, poubelle, etc.), 45% n'ont aucune idée d'où cela peut provenir. Et un souci n'arrive jamais seul. Ainsi, pour ceux qui se font voler de l'argent, le plus éprouvant a été, pour plus d'un tiers, de devoir «prouver que l'on est bien soi-même» ou, de manière plus marginale, de se découvrir assigné en justice, interdit bancaire ou marié! Désespéré, Loïc-Xavier Laroche, 30ans, a décidé de médiatiser son «histoire de fou», qui commence en 2004. Quand il s'est rendu compte qu'un compte en banque et un prêt immobilier avaient été souscrits en son nom à Toulouse alors qu'il habite Roanne, il a remué ciel et terre. Et il se sent toujours incompris.

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