1 novembre 2009
Entre rire et émotion, voici trois pièces de théâtre que l'on peut aller voir les yeux fermés! Enfin, pas trop, ce serait dommage...
«L'illusion conjugale», au théâtre de l'?uvre.
Cela commence par une conversation légère, mais risquée, entre une femme et son mari. Sur le ton de l'humour, «pour mettre les compteurs à zéro», Jeanne souhaite «un état des lieux», autrement dit savoir combien de fois elle a été trompée depuis le début de son mariage. Donnant-donnant, Maxime est d'accord. Un jeu fort dangereux! Il avoue avoir beaucoup donné de sa personne, alors qu'elle n'a eu qu'une seule aventure, mais longue... Pour lui, c'est énorme. Une liaison qui a duré neuf mois est beaucoup plus grave que 12 histoires d'un soir. Piqué au vif, il voit rouge et veut connaître le nom de l'amant... Serait-ce son meilleur ami, Claude? Le doute subsiste. L'auteur, Éric Assous, nous livre un texte aux répliques ciselées et brillantes, mis en scène intelligemment par Jean-Luc Moreau. Le trio est épatant: Isabelle Gélinas, toute en nuances, est admirable en femme amoureuse et fine mouche, Jean-Luc Moreau, qui joue le mari volage, et José Paul, l'ami-amant un peu largué, sont excellents.
«La Serva amorosa», au théâtre Hébertot.
Écrite en 1752, cette comédie du grand dramaturge italien Goldoni met en scène un vieux barbon tiraillé entre une servante au grand coeur, aussi généreuse qu'honnête, et sa nouvelle épouse cupide, qui le mène par le bout du nez, dont il est très amoureux. Christophe Lidon, le metteur en scène, rend l'oeuvre déliée et limpide. Le décor tout en bois sombre, qui permet, par sa complexité, de passer d'une scène à l'autre, convient parfaitement aux intrigues qui se nouent. Au côté de Claire Nadeau, machiavélique à souhait, Clémentine Célarié, délicate et émouvante, interprète merveilleusement cette servante à l'humanité bouleversante. Mais le chef-d'oeuvre, c'est Robert Hirsch. À 84 ans, il reste un artiste magistral, d'une virtuosité et d'une énergie extraordinaires. En particulier dans une scène qui sera inoubliable: la partie de mistigri dans laquelle il agite nerveusement les doigts et additionne des grimaces incroyables. Époustouflant!
«L'Avare», à la Comédie Française.
«L'Avare» est la pièce la plus jouée dans la Maison de Molière, après «Tartuffe». Catherine Hiegel a choisi pour la mise en scène une vision sarcastique de cet Avare dont elle se moque allègrement. «Je vois l'Avare comme un diable noir, un Arlequin sombre, un insecte...». Il fallait Denis Podalydès pour jouer ce personnage de farce ridicule. Le teint blafard, habillé d'un costume noir et étriqué, il ressemble effectivement à une fourmi qui représente l'avarice ou un hanneton qui s'agite frénétiquement dans un monde rétréci. Si le reste de la distribution est inégal, peu importe, Denis Podalydès est irrésistible. Théâtre pratique Théâtre de l'?uvre, 55, rue de Clichy, IXe arrondissement. Tél.01.44.53.88.88. Théâtre Hébertot, 78 bis, boulevard des Batignolles, XVIIe arrondissement. Tél.01.55.63.96.06. Comédie Française, place Colette, Ier arrondissement. Tél.08.25.10.16.80.
Quimper ville. Théâtre de Cornouaille. Un désopilant Molière