16 septembre 2009 à 14h14 - 3 réactions
Nicolas Sarkozy est revenu aujourd'hui en Conseil des ministres sur les tests ADN appliqués au regroupement familial des immigrés votés il y a deux ans au Parlement pour dire que leur principe était "stupide", selon plusieurs sources gouvernementales.
A lire également :
> Tests ADN. Passe d'armes entre Besson et les députés UMP
> Sarkozy. "Tout le monde sait que les tests ADN ne servent à rien"
> Abandon des tests ADN. SOS Racisme et Hortefeux pour, Copé et Fillon contre
"Les ADN, ça ne sert à rien. C'est stupide", a lancé le président selon ces sources, tout en critiquant la manière dont son ministre de l'Immigration Eric Besson en avait annoncé le report sine die : "Il ne faut pas dire aux députés qu'on ne va pas appliquer leurs lois".
Hier déjà, devant les députés UMP qu'il recevait à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait clairement pris ses distances par rapport à cette partie de la loi sur la maîtrise de l'immigration votée en 2007. "Tout le monde sait que les tests ADN ne servent à rien. Du coup, ça a créé un trouble. Cette histoire est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire", avait-il dit. A la sortie du Conseil des ministres, Eric Besson a confirmé en termes plus mesurés les propos du chef de l'Etat : "il m'a paru sceptique sur ce que pouvait être la contribution de l'ADN", a indiqué le ministre à la presse, "je n'ai pas senti un intérêt très grand du président de la République".
Le climat doit s'apaiser entre le gouvernement et le Parlement
"En même temps, Nicolas Sarkoz veut que le climat s'apaise entre le gouvernement et le Parlement ou plus exactement que les commentaires s'apaisent", a poursuivi Eric Besson. "Il ne faut pas créer de fausses querelles. Je n'ai pas dit que je ne tenais pas compte de la loi ou du Parlement (...) il faut calmer les choses, je vais discuter tranquillement avec les députés et les sénateurs", a-t-il également déclaré, "ces dernières quarante-huit heures, c'était de l'écume, le fond, on peut le traiter tranquillement".
Eric Besson : "Il n'y a pas eu un tel tollé"
Eric Besson a également tenu à atténuer les critiques que des députés UMP lui ont adressées, notamment mardi lors d'une réunion du groupe parlementaire. "Il n'y a pas eu un tel tollé (...) oui, il y a eu un ou deux moments un peu toniques au début avec Jean-François Copé et alors ? C'est de la politique, ça peut être un peu viril mais correct comme on dit en
rugby", a-t-il commenté.
"Ce scepticisme n'est pas nouveau, le gouvernement n'avait pas souhaité" ces dispositions qui "ne figuraient pas" dans "la rédaction initiale du projet de loi", a pour sa part rappelé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel en rendant compte des travaux du Conseil.
