3 juillet 2009
Au premier jour, hier, d'une «conférence des experts», rassemblant économistes, industriels, syndicalistes et représentants des ONG, l'avenir de la taxe carbone était au centre des débats, qui se terminent aujourd'hui. Cette taxe, qui vise à rendre plus chères les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), a pour objectif premier de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
58euros annuels au maximum
«C'est un exercice tout à fait nouveau. C'est une aventure énorme qui porte en germe, à échéance, une refonte de tout notre système fiscal», a estimé l'ancien Premier ministre socialiste, Michel Rocard, qui préside la réunion d'experts. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), cette taxe pourrait rapporter entre cinq et huitmilliards d'euros par an à l'État. Mais ces chiffres devraient évoluer dans le temps, à mesure que les comportements des consommateurs évolueront. Cependant, comme l'ont rappelé nombre d'experts, cette taxe - qui représenterait, selon l'Ademe, un coût maximal de 58euros par véhicule et par an - ne changera pas la donne du jour au lendemain.
Le gouvernement se veut rassurant
Afin de rassurer les sceptiques, le gouvernement a clairement indiqué que l'introduction de cette «contribution climat énergie», suivant la terminologie du Grenelle de l'environnement, entraînerait la baisse d'autres prélèvements en compensation. La taxe carbone ne «portera pas atteinte au pouvoir d'achat» des ménages, a de nouveau assuré, hier, la secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno. Michel Rocard n'a fixé aucune échéance, pour l'instant, quant à la mise en application de la taxe carbone. «Si on ne trouve pas de consensus, on ne passera pas en force», a-t-il précisé.
