7 novembre 2009
Le 11novembre 2008, la police antiterroriste interpellait une dizaine de jeunes présentés comme proches de l'ultra-gauche et soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV. Un an après, leurs avocats dénoncent une «opération politique».
Réunies sous le terme générique de «groupe de Tarnac», du nom d'un village corrézien qu'ils habitaient, neuf personnes âgées de 24 à 35 ans sont poursuivies depuis le 15novembre 2008 pour des sabotages de voies ferrées. Des actes qualifiés de terroristes par le juge d'instruction car ils visaient des transports publics. Certains ont connu la détention provisoire, dont celui qui est présenté comme le «cerveau» du groupe, Julien Coupat, brillant étudiant issu d'un milieu aisé, qui passera six mois en prison. La police s'intéressait en fait à ce petit groupe depuis début 2008 et un voyage à New York de Coupat et de sa compagne, Yldune Levy, au cours duquel ils avaient participé à une manifestation devant un centre de recrutement de l'armée. Placés depuis leur libération sous de stricts contrôles judiciaires, les membres de ce petit groupe n'ont jamais formellement nié les faits mais dénoncent depuis le début de l'enquête «un dossier vide placé sous le sceau de l'antiterrorisme», selon les termes de Me Irène Terrel, qui défend quatre de ces jeunes, dont Coupat. «Cette enquête est le résultat d'une opération politico-médiatique et non juridique», tempête Me Terrel, rompue aux dossiers mêlant extrême-gauche et terrorisme. Elle estime que l'enquête «est le résultat direct de la crainte exprimée par Michèle Alliot-Marie lorsqu'elle était place Beauvau de voir resurgir une ultra-gauche radicale» de type Action directe.
«L'antiterrorisme a bon dos»
«L'antiterrorisme a bon dos», relève Me Terrel, énumérant les «atteintes aux libertés comme les contrôles judiciaires que l'on impose à ces jeunes qui sont pour certains assignés à résidence chez leurs parents ou ne peuvent plus se rendre à Tarnac où ils avaient pourtant du travail». Les enquêteurs estiment de leur côté s'appuyer sur des éléments tangibles pour maintenir leurs poursuites contre le «groupe de Tarnac». Coupat et sa compagne, suivis ce soir-là, ont ainsi été aperçus près d'une voie sabotée le soir des faits. Des expertises informatiques ont permis en outre de mettre la main sur un manuel de fabrication de bombe et des matrices de faux documents d'identité. «Et puis les sabotages ont cessé depuis leur interpellation», relève un enquêteur. L'instruction pourrait être close avant l'été 2010.
