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France

Sécurité : briser la frontière du périphérique

25 octobre 2009

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Les émeutes de 2005 ont mis au jour des dysfonctionnements majeurs dans le maintien de l'ordre, notamment en terme d'organisation. «En Seine-Saint-Denis, nous étions sur le terrain jusqu'à quinze heures par jour dans un climat d'extrême violence, se rappelle Loïc Lecouplier, secrétaire départemental du syndicat de policiers Alliance. Nous manquions de renforts, alors qu'à Paris intra-muros des hommes étaient disponibles. C'était totalement absurde!». La création, le 14septembre dernier, du Grand Paris de la sécurité brise cette logique de départements et abolit cette frontière du périphérique. Désormais, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, a autorité sur les forces de police et les pompiers de Paris intra-muros, mais également dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. Au total, cela représente un effectif de 45.860 hommes. Cette mutualisation de moyens devrait permettre de déployer un nombre plus important de forces au moindre incident. L'objectif est double. Sur le terrain, il s'agit d'empêcher que les violences dégénèrent. Mais cette dissuasion par le nombre doit aussi permettre de gagner la bataille de la communication. En effet, en novembre2005, les images de voitures brûlées, de forces de l'ordre débordées ont donné une impression de faiblesse qui a pu participer à la propagation des violences.

Le retour de la police de proximité

Les émeutes de 2005, puis l'épisode à Villiers-le-Bel en 2007, ont également rappelé la «haine du flic» existant dans certains quartiers. Pour la gauche, la suppression de la police de proximité en 2002 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait entraîné une dégradation des relations entre jeunes et police. Depuis avril2008, les unités territoriales de quartier (Uteq), petits groupes de policiers déployés dans les banlieues dites «difficiles» ont notamment pour mission de renouer le contact avec les habitants. Déployées initialement dans des quartiers de La Courneuve, de Saint-Denis et de Clichy-Montfermeil, elles sont actuellement au nombre de 24. Elles pourraient atteindre une centaine à la fin 2010. Pour Mohamed Mechmach, président du collectif d'AC le Feu et habitant de Clichy-sous-Bois, «il faut voir ces policiers quand ils se déplacent dans les quartiers en file indienne, casqués, avec leurs flashs-balls. On a connu mieux pour ?renouer le contact?».

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