30 octobre 2009
L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a annoncé, hier, la mise en place d'«un dispositif de vigilance» concernant les effets indésirables des compléments alimentaires.
Bienfaits contestables, problèmes d'étiquetage, mais aussi, parfois, nocivité : les compléments alimentaires ne sont pas en odeur de sainteté auprès de l'Afssa. En effet, selon une étude réalisée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), auprès de cinq cents entreprises spécialisées, 12,5% des produits concernés présenteraient des anomalies. Ainsi, le bêta-carotène, dont les propriétés anti-oxydantes ont été longtemps utilisées pour protéger du cancer, augmenterait, en fait, les risques de cancer du poumon chez le fumeur, selon une étude américaine de 2003.
Interactions possibles avec des médicaments
De même, certains compléments alimentaires à base d'extraits de thé vert pourraient provoquer des atteintes au foie, selon un expert qui n'a pas souhaité être identifié. Les interactions entre médicaments et suppléments alimentaires peuvent aussi s'avérer dangereuses. Enfin, dans le cas des compléments contenant des vitamines et minéraux, il existe un risque de dépassement des limites de sécurité. Ainsi, pour le zinc, «il suffit de consommer des aliments riches en zinc associés à la prise d'un complément alimentaire pour multiplier par deux les apports nutritionnels conseillés et approcher la limite de sécurité», avertit l'Afssa.
Gélules, comprimés pastilles, pilules...
Les compléments alimentaires, commercialisés sous forme de doses telles que des gélules, des pastilles, des comprimés ou des pilules et qui promettant un ventre plat, une mémoire retrouvée ou une forme éblouissante sont donc, désormais, dans la ligne de mire des autorités sanitaires, qui vont étudier les effets indésirables liés à la consommation de ces produits. A cette fin, le «dispositif de vigilance» mis en place l'Afssa demandera aux professionnels de santé de l'informer sur les effets «inattendus et inexpliqués» de ces suppléments chez leurs patients. S'il voit effectivement le jour, ce dispositif sera le premier de ce type en Europe. «Nous nous intéressons à ces compléments car les Français en consomment de plus en plus», explique Marie Favrot, directrice de l'évaluation des risques nutritionnels et sanitaires à l'Afssa. Un adulte sur cinq et un enfant sur dix en consomment au moins une fois par an, selon l'agence. «Des accidents aigus graves sont rapportés, mais il est encore trop tôt pour que nous soyons certains que les compléments utilisés soient les uniques responsables», souligne Marc Mortureux, directeur général de l'Afssa.
«Utiles en cas de carences»
«L'efficacité des compléments alimentaires est prouvée», se défend Jean-Loup Allain, secrétaire général du Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires, qui représente 80% du marché. «Tout le monde ne mange pas idéalement. Ces produits sont très utiles pour une certaine partie de la population qui ont des carences notamment», ajoute-t-il. Selon lui, il est toutefois «rassurant» pour le consommateur qu'un système de vigilance «identique à celui des produits de santé soit mise en place».
Un adulte sur cinq et un enfant sur dix en consomment au moins une fois par an.
