RATP. Des dérapages non contrôlés au CE
La Cour des comptes a rendu public hier un rapport accablant sur la gestion par la CGT du comité central d'entreprise de la RATP. Le syndicat dénonce des «insinuations» et «un réquisitoire à charge».
Une gestion douteuse du personnel...
Sur un effectif d'un peu plus de 400 personnes en 2004, 37ont été licenciées et 55 ont démissionné. Le CCE a été condamné six fois sur 12 contentieux aux prud'hommes. La Cour des comptes relève un absentéisme élevé et retient la mise en demeure de la direction départementale du travail en 2010 qui évoquait «une situation dangereuse pour la santé physique et mentale» des salariés. Début 2011, les postes stratégiques de directeur général, DRH, directeur des restaurants, des services techniques et responsables des achats n'étaient pas pourvus.
... De la restauration...
Plus d'un quart des denrées livrées aux points de distribution automatique ont été détruites en 2009. La Cour des comptes note aussi la mise à l'écart des services gestionnaires des restaurants d'entreprise dans la relation avec les fournisseurs, des doubles paiements répétitifs à certains fournisseurs et des prix excessifs par les fournisseurs de denrées alimentaires.
... Des centres de vacances.
Seulement 13% des 45.000 salariés bénéficient des prestations. Les agents aux revenus les moins élevés sont minoritaires. Là encore, les services de gestion et techniques sont mis à l'écart or la politique d'achats demeure opaque, souvent sans appel d'offres. La Cour des comptes cite l'exemple d'une commande de 117 réfrigérateurs à un prix supérieur de 60% au marché ou les services d'un expert forestier pour 182.000euros d'honoraires pour des prestations douteuses. La pratique est similaire lors des travaux de rénovation: désignation des maîtres d'oeuvre sans appel d'offres ou sans en tenir compte. En outre, les travaux réalisés sont de mauvaise qualité: à l'hôtel Chanteneige près de Briançon, 7,8millions d'euros de travaux ont été facturés, mais une mesure de fermeture administrative a été prise peu après face aux malfaçons constatées.
Une coûteuse fête annuelle.
Depuis 2007, une fête se déroule en juin au château de Fontenay-les-Briis (Essonne), propriété de la CGT-RATP gérée par le CCE. Le coût moyen de cette manifestation s'élève à 447.000euros. L'organisation a été confiée à un agent détaché de la RATP, ancien élu CGT, qui passe des contrats avec des producteurs de spectacles sans appel à la concurrence.
Un système de fuite de fonds?
La Cour conclut en jugeant que «le caractère systématique» des dysfonctionnements la fait pencher «pour un système de fuite des fonds». Si le CCE a rappelé hier que, «depuis janvier2011, une nouvelle équipe élue a mis en place une équipe technique renouvelée», la Cour estime toutefois que la volonté des dirigeants du CCE de rompre avec les pratiques du passé est «loin d'être établie». La CGT, 1ersyndicat de l'entreprise publique (45.800 salariés), a déploré «un rapport exclusivement à charge» visant à jeter la suspicion sur la gestion des CE et un possible financement des syndicats.
3 réactions
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Skapad
D'une CDC à l'autre
CDC 2004 Provision pour démantèlement nucléaire et CDC 2011 pour le CE RATP
Ici le but de rebondir en commentaire sur cette médiatisation à l'excès de ces affaires, n'est pas de prendre parti ni pour untel ou autre. C'est bien connu que si par nature, tout comme dans la nature il y a aussi des mauvaises herbes, est-ce pour autant que tout le foin en serait à ce point infecté, juste pour en profiter d'en faire tant de foin... !
L'occasion de regarder du coté de la paille, juste un p'tit coup d'oeil sur les milliards de la CDC à provision , un rapport de 2004-publié en 2005 !
La Cour des comptes, avait en effet constaté, des états de provisions pour ce chantier très en dessous de ce que devront désormais financer pendant longtemps nos enfants et suivant de nos enfants. Le terme embryon avait été choisi par les Magistrats de la CDC, commandés à l'époque par Philippe Séguin
Les Extraits du rapport de la CDC (2004-publié en 2005) :
RAPPORT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUIVI DES RÉPONSES DES ADMINISTRATIONS ET DES ORGANISMES INTÉRESSÉS JANVIER 2005
Conclusion
En 2000, à la suite de son avant-dernier contrôle d'EDF, la Cour avait rappelé les points forts de la stratégie financière de l'entreprise : le désendettement et la constitution des provisions de démantèlement devaient conduire à définir les critères de rentabilité de la gestion des actifs financiers constitués en vue de couvrir les engagements à long terme. Compte tenu des risques engendrés par le développement international d.EDF, la Cour indiquait qu'il appartenait à l'État de définir ses préférences en termes d'exposition aux risques, étant observé que ces risques pourraient de moins en moins être répercutés sur le consommateur devenu libre de choisir son fournisseur, mais pèseraient sur l'actionnaire.
Quelques chiffres qui devraient refaire surface à l'occasion
En 2004 : 17.8 milliards d'euros + 4.1 MdsE de dépréciation
(une astuce de vocabulaire qui mériterait à elle seule des pleines pages de développement--j'y reviendrais une autre fois)
En 2007 : M. Camus cadre financier annonçait 8.4 MdsE, avec un financement de 2.5 MdsE/an
En 2007 : M. Dubuis directeur de Brennils déclarait sur Ouest France 29 MdsE
En 2009 : l'EDF déclarait avoir en caisse 10 MdsE ...à Loqueffret lors de l'enquète pour le démantèlement
26/12/2007 : Enerpresse (extrait)
EDF a 8,4 mds d'euros pour démanteler ses anciennes centrales
[....EDF dispose, à la fin 2007, de 8,4 milliards d'euros pour démanteler ses anciennes centrales nucléaires sur les 15 milliards prévus par le groupe, a indiqué, en fin de semaine dernière, Daniel Camus, directeur général délégué aux finances d'EDF.
« Ces réserves seront dotées à 100% en 2010 », c'est-à-dire qu'EDF disposera ses 15 milliards en 2010, à raison de 2,5 milliards par an, a précisé D. Camus, lors de l'assemblée générale du groupe."...]
Nos amis de la presse apprécieront ... ! Bonne journée à tous
Ajouté le 7 décembre 2011 à 05h45
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arri...
les clients trinquent
Tout ceci est payé par les clients lors de l'achat de leurs cartes d'abonnement ou leurs tickets: c'est scandaleux de voir de tels excès en toute impunité. Il existe d'autres CE encore plus riches (EDF: 450 Me, Air France, etc, etc: qui contrôlent quoi ?. Ces CE seraient-ils des officines pour alimenter les syndicats ??
Ajouté le 7 décembre 2011 à 10h07
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trident
Qui paie?
L'article cite des abus de gestion relevés par la Cour des comptes, dans les dépenses engagées par des "amateurs" peu scrupuleux . Mais pas un mot sur les sources de financement. D'où viennent les fonds nécessaires au mauvais fonctionnement de ces institutions opaques et dominées par les syndicats?
Dans la Fonction publique c'est le gentil contribuable qui paie les frasques des dirigeants syndicaux. Tout récemment le ministre F Sauvadet a accordé une extravagante enveloppe de 1,3 milliard aux syndicats pour l'année 2012. Est-ce bien raisonnable au moment où la France est en quasi faillite par la faute de politiciens médiocres et incompétents? N'est-il pas vital de récupérer 1 milliard pour tenter de boucher le trou abyssal de la dette? Les syndicats organiseront leurs nécessaires colloques à Courbevoie et non plus aux Seychelles.La qualité du travail ne sera pas affectée.
Ajouté le 7 décembre 2011 à 07h41
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