29 septembre 2009 - 1 réactions
La débâcle du SPD en Allemagne, dimanche, traduit le recul des socialistes, au profit de formations plus radicales. Ce qui n'est pas pour rassurer le PS français.
«Ça doit être un avertissement supplémentaire.» Claude Bartolone voulait bien le reconnaître hier matin. Les résultats des élections en Allemagne ne font pas les affaires du PS. Après quatre années d'une grande coalition avec la droite, le parti social-démocrate allemand est sorti exsangue des législatives, avec 23%, son pire score de l'après-guerre, débordé sur sa gauche par Die Linke (11,9%). Ces résultats doivent servir de «leçons», ajoute Bartelone, alors que les socialistes se retrouvent demain et jeudi à Toulouse pour leurs journées parlementaires. Quelles leçons devront-ils en tirer? Depuis 20 ans, «il y a une tendance globale au recul de la social-démocratie», estime le politologue français Philippe Braud.
Hamon à l'assaut
Quoi qu'il en soit, la potion est amère pour le PS à trois jours d'une consultation militante jeudi sur des primaires ouvertes en vue de 2012 et alors que la question des alliances avec le MoDem le divise. Les chefs de file de l'aile gauche du PS, Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, sont partis à l'assaut de la stratégie d'ouverture au centre. C'est la «confusion politique» qui a causé la défaite du SPD et «c'est l'unité de la gauche» qui permettra de «retrouver le chemin de la victoire» et «non pas un renversement d'alliance», arguent-ils. L'occasion était belle aussi pour Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche sur le modèle de Die Linke, d'appeler ses ex-amis socialistes à «renoncer une bonne fois pour toutes à leurs projets d'alliance à droite».
Les politologues prudents
Mais «cela ne veut pas dire que ces partis protestataires aient un grand avenir», tempère le politologue Braud, estimant qu'ils mettront à terme de l'eau dans leur vin - et perdront des électeurs - pour participer à leur tour à des coalitions de gouvernement, ou se marginaliseront en restant radicaux. Un avis partagé par Pierre Moscovici, qui voit l'occasion de redéfinir «une identité de gauche social-démocrate». «Ce n'est pas en épousant le discours de la gauche de la gauche qu'on trouvera une solution», cela écartera le PS de «l'exercice du pouvoir», prévient Manuel Valls.
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