20 octobre 2009
L'avocat de Nicolas Sarkozy au procès Clearstream a longuement plaidé hier devant le tribunal correctionnel de Paris, s'évertuant, en collant au dossier, à pilonner Dominique de Villepin, instigateur, selon lui, de cette affaire.
Devant un tribunal rempli de la foule des grands jours, Me Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, a accusé, hier, Dominique de Villepin, d'être «l'instigateur» de l'affaire Clearstream, au cours d'une plaidoirie de quatre heures méticuleuse et soporifique.
«Ils se sont entendus»
«A partir d'avril2004, la conviction qui est la mienne est que tant Jean-Louis Gergorin, Imad Lahoud que Dominique de Villepin se sont entendus, se sont associés» pour mettre au point la machination Clearstream, a déclaré l'avocat. Poursuivi pour «complicité de dénonciation calomnieuse», l'ancien Premier ministre est soupçonné d'avoir participé à cette manipulation au cours de laquelle des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés à des listings bancaires afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes à l'étranger.
«Pas d'acharnement»
«Je démontrerai (...) l'implication de ceux qui sont poursuivis», a insisté Me Herzog, considérant qu'«aucun de ceux qui sont ici ne le sont par l'acharnement» de Nicolas Sarkozy, comme l'a affirmé l'ex-Premier ministre au premier jour de ce procès-fleuve. Afin qu'on ne puisse lui reprocher une quelconque animosité politique envers Dominique de Villepin, l'avocat s'est escrimé à coller au dossier, date après date, au risque de perdre l'assistance, dont certains membres, parmi les plus éminents, n'ont pas manqué de s'assoupir.
Se défausser «bien facilement»
Il s'est notamment engagé dans l'exégèse minutieuse des écrits du général Rondot, son arme contre Dominique de Villepin. Quatre heures durant, il a repris un à un les verbatims du militaire, afin de démontrer que l'ancien Premier ministre n'avait cessé de mentir et, qu'en dépit de ses dénégations, il avait bel et bien participé à la machination. Quant à Michèle Alliot-Marie, dont Dominique de Villepin avait critiqué l'attitude alors qu'elle était au ministère de la Défense, Me Herzog a estimé qu'il aurait pu la faire citer s'il avait véritablement souhaité s'expliquer, au lieu «de se bercer derrière je ne sais quelle impossibilité». L'avocat de Nicolas Sarkozy s'est alors indigné, considérant sur ce point que Dominique de Villepin «se défaussait bien facilement». Contrairement à lui (Villepin), «est-ce que Mme Alliot-Marie est mentionnée» dans les notes du général Rondot «comme ayant donné des instructions à Jean-Louis Gergorin pour aller voir le juge van Ruymbeke?», a fait remarquer l'avocat. Place au réquisitoire cet après-midi.
