6 septembre 2009 - 3 réactions
Hier, face aux militants du MoDem, François Bayrou a justifié sa politique d'ouverture à gauche. Car sa stratégie a dérangé plus d'un.
Hier à la Grande-Motte (Hérault), le président du MoDem François Bayrou a justifié la main tendue de son parti à la gauche, lors d'un débat avec des militants. Certains ont exprimé leur désarroi face à sa stratégie. L'image de Marielle de Sarnez, numéro deux du parti, posant à Marseille au côté du communiste Robert Hue lors des ateliers d'été du socialiste Vincent Peillon, n'est en effet pas passée chez nombre de militants du Mouvement démocrate. «Ça m'a fait bondir, j'en ai pas dormi de la nuit. Moi, je suis centriste. Je veux bien que les socialistes viennent au MoDem mais je n'irai pas avec les communistes», avait lancé, vendredi soir, un militant sous les applaudissements. «Je comprends très bien la secousse que cela peut faire. Cela peut surprendre», a tempéré l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, présent à Marseille, avant d'expliquer que Robert Hue ne représentait plus le Parti communiste. Il a rappelé que certains leaders communistes, comme Mikhaïl Gorbatchev ou Enrico Berlinguer, avaient évolué et étaient devenus des démocrates.
«Nous avons changé»
«Nous avions dans nos rangs, y compris quand nous étions au centre-droit, des dignitaires du PCF», a abondé François Bayrou, citant le nom du député Maurice Leroy (NC), ancien secrétaire général du groupe communiste au Sénat, aujourd'hui membre de la majorité présidentielle. «Il faut que nous acceptions que les gens puissent changer parce que nous-mêmes nous avons changé, parce que le monde change», a-t-il expliqué. «Face à la crise, plus personne ne sait quoi penser, les ultra-libéraux sont allés chercher l'étatisme absolu. Tout le monde est paumé. Vous croyez que le PS a des solutions? Ce qu'a proposé Martine Aubry dimanche (le cap à gauche, ndlr) marque une incroyable régression. Cela veut dire qu'ils n'ont pas les clefs», a-t-il ajouté avant de défendre son programme d'ouverture. «On aura des accords et des désaccords et c'est le peuple qui tranchera. Le premier tour des élections, c'est fait pour cela», a souligné le président du MoDem.
Chevènement prêt à discuter
«J'ai besoin de savoir exactement ce que veut le MoDem, quel projet veulent-ils construire», a répondu, hier, la première secrétaire du PS, Martine Aubry. Quant à Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), il s'est déclaré prêt, hier à Toulouse, à discuter avec François Bayrou et avec la gauche «sans exclusive» d'un «projet républicain pour répondre à la crise».
