3 novembre 2009 à 14h07 - 1 réactions
Dans le premier tome de ses mémoires, "Chaque pas doit être un but", qui devrait paraître jeudi mais dont le contenu est déjà largement éventé dans la presse, Jacques Chirac règle ses comptes avec ses anciens rivaux politiques. Egratignant Giscard et Balladur, l'ancien président de la République rend cependant hommage à François Mitterrand.
>Les ennuis judiciaires de Chirac
La première partie des mémoires de Jacques Chirac retrace sa vie depuis sa naissance en 1932 jusqu'à son arrivée à la présidence de la République en 1995. Selon des informations publiées par Le Parisien, qui s'est procuré l'ouvrage, celui qui réservait ses mots cruels au cercle de ses intimes, distribue des coups tout en les mesurant.
"La communication a toujours été difficile avec Giscard, avant de devenir impossible"
Ses principales cibles ? Valéry Giscard d’Estaing, celui qu'il a largement contribué à faire battre en 1981. "La communication a toujours été difficile entre Giscard et moi, avant de devenir impossible à la fin de son septennat, tant j'ai du mal à comprendre ses réactions, ses façons d'être et sa psychologie", raconte Jacques Chirac. Il souligne par ailleurs avoir été "à peine consulté sur le choix des ministres" quand il était son Premier ministre (1974-1976) selon des informations publiées par le Nouvel observateur.
Balladur "l'a trahi"
Autre cible, Edouard Balladur, celui qui "n'a jamais été son ami de trente ans", et qui l'a trahi en se lançant dans le course à la présidentielle en 1995. J'avais confiance en Edouard Balladur", souligne-t-il, rappelant qu'un accord politique, "ayant aussi valeur de contrat moral", avait été conclu entre eux. "Au fond de moi, j'ai encore peine à croire que le Premier ministre soit en train de trahir ses engagements", dit-il. "Je n'aurai jamais d'explication d'homme à homme avec Edouard Balladur".
Sarkozy "nerveux, empressé, avide d'agir" et "un sens indéniable de la communication"
Il décrit le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, côtoyé au sein du RPR (qui a précédé l'UMP) à partir de la fin des années 70, en homme "nerveux, empressé, avide d'agir et se distinguant par un sens indéniable de la communication".
La "finesse de jugement" et l'"intelligence tactique" de Mitterrand
Il dit avoir admiré, malgré leur difficile cohabitation entre 1986 et 1988 chez l'ex-président François Mitterrand, son prédécesseur à l'Elysée, une "finesse de jugement" et une "intelligence tactique" "rarement rencontrées dans le monde politique". "Salut l'artiste", m'est-il arrivé de penser en assistant à quelques-unes de ses prestations.
Les avis et conseils de Bernadette l'ont souvent éclairé
Jacques Chirac évoque également au fil des pages sa vie amoureuse et sa relation avec Bernadette, son épouse depuis 1956. Elle a, souligne-t-il, "son franc-parler et ses opinions peuvent être tranchantes, parfois trop à mon goût, surtout quand elles me concernent. Mais ses avis, ses conseils, ses critiques m'ont souvent éclairé".
Chirac affronte cette semaine le regard des Français
Devenu depuis quelques mois l’homme politique le plus populaire de France, Chirac n'avait sans doute pas prévu que ses ennuis judiciaires coïnciderait avec la parution de ses mémoires. L'ancien président de la République est mis en cause dans plusieurs affaires politico-judiciaires. Il a été renvoyé en correctionnelle le 30 octobre dernier pour détournement de fonds publics et abus de confiance. Une première pour un ancien président de la France.
"Chaque pas doit être un but" est tiré à 230.000 exemplaires et paraîtra chez Nil Editions.
