4 novembre 2009
Jacques Chirac rend hommage à François Mitterrand et tacle ses anciens rivaux à droite, VGE et Edouard Balladur, dans le premier tome de ses Mémoires.
Le premier tome des mémoires Jacques Chirac, «Chaque pas doit être un but» (Éditions Nil, tirage de 230.000 exemplaires) a été largement éventé, hier, dans les journaux et sur internet, deux jours avant sa sortie prévue en librairie, demain. L'ancien président de la République y retrace son parcours, public et privé, en 500 pages: de l'apprentissage du pouvoir, en 1962, au côté de son «père spirituel», Georges Pompidou, à l'accession à l'Élysée en 1995, en passant par ses années chez les scouts - où il était surnommé «bison égocentrique» - ou son mariage avec Bernadette Chodron de Courcel, en 1956. Ce récit tonique et imagé est illustré de quelques photos noir et blanc ou couleur: la Peugeot 403 avec laquelle il fit sa première campagne aux municipales de Sainte-Féréole (Corrèze), en 1965, les négociations laborieuses de Grenelle aux côtés des deux Georges, Pompidou et Séguy, en mai1968, ou encore le soir de la victoire, 27 ans plus tard, le 7mai 1995.
Confessions inédites
Le cinquième président de la VeRépublique fait aussi des confessions inédites, émaillées de commentaires élogieux ou sévères, sur ses relations avec d'autres grandes figures: François Mitterrand, Valéry Giscard d'Estaing, Edouard Balladur. Il dit avoir admiré chez l'ex-président François Mitterrand, son prédécesseur à l'Élysée, une «finesse de jugement» et une «intelligence tactique rarement rencontrées dans le monde politique».
Giscard, «monarque désinvolte»
De ses années à Matignon (1974-76) pendant le septennat de VGE, il retient surtout la «multiplication des gadgets médiatiques» et les «initiatives démagogiques». Mais aussi un bref séjour au fort de Brégançon qui scella la rupture avec ce président «imbu de ses prérogatives» qui traitait ses hôtes et son Premier ministre «avec une désinvolture de monarque».
Balladur, «de la confiance à la trahison»
«J'avais confiance en Édouard Balladur», confie-t-il aussi de l'ami qu'il dit avoir hissé à Matignon en 1993 et qui l'a «trahi» en se présentant contre lui à la présidentielle deux ans plus tard. «Je n'aurai jamais d'explication d'homme à homme avec Édouard Balladur. Je ne l'ai d'ailleurs pas cherchée», écrit le vainqueur de 1995. A la même époque, Jacques Chirac se souvient aussi de la «défection» de Nicolas Sarkozy dont il avait repéré, dès le milieu des années 70, la «volonté, qui ne l'a pas quitté, de se rendre indispensable, d'être toujours là, nerveux, empressé, avide d'a-gir», avec un «sens indéniable de la communication».
Pas d'allusion à ses difficultés judiciaires...
Ce premier volume dédié à son petit-fils Martin, très attendu du microcosme politique, ne fait pas la moindre allusion aux difficultés judiciaires de l'ancien maire de Paris dans le dossier sur les présumés emplois fictifs de la Ville.
