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Main Square Festival. Grosse artillerie à Arras

6 juillet 2009 - 1 réactions

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Pendant quatre jours, Arras a vibré au son du Main Square Festival. Organisé par Live Nation, la multinationale américaine, ce rendez-vous a suscité des craintes chez les festivals associatifs. Légitimes? Reportage sur place.

Jeudi: viva la vida à Arras! Après Muse en 2006 et Radiohead en 2008, c'est Coldplay qui enflamme la scène arrageoise. Les Anglais sont très bien entourés sur l'affiche du Main Square: Placebo, Lenny Kravitz, Moby et Franz Ferdinand sont programmés. Comment les organisateurs s'y prennent-ils pour concocter une telle affiche de rêve? Beaucoup de ces groupes sont estampillés Live Nation.

400.000EUR le groupe: «Pas déraisonnable!»

Mais France Le Duc, directrice du Main Square, préfère parler de «la combinaison d'un site magnifique, la Grand-Place d'Arras, classé au Patrimoine mondial de l'Humanité, et du confort proposé aux artistes, grâce à notre professionnalisme». Elle refuse d'évoquer les cachets: «Arrêtez d'en parler, il faut laisser les gens rêver!» L'année dernière, des fuites avaient avancé la somme de 400.000EUR pour Radiohead, un chiffre qu'elle ne juge pas déraisonnable: «Quand un artiste marche, c'est normal de le payer à sa juste mesure.»

«Nous aussi, on a droit aux subventions!»

Concernant la guéguerre avec les festivals associatifs qui ont vu d'un mauvais oeil l'arrivée de Live Nation dans l'Hexagone, France Le Duc affirme d'abord vouloir enterrer cette hache: «Il faut arrêter cette polémique. En tant que producteurs de spectacles, nous avons aussi le droit d'organiser des festivals et de toucher des subventions.» Et de remarquer que le Prodiss (Producteurs, diffuseurs et salles de spectacles) vient d'abonder en ce sens dans un communiqué appelant à la «fin d'une guerre stérile». Il est vrai que certains reproches faits au Main Square sont injustes. Boîte à fric, Live Nation? Certes, ils ne sont pas là pour perdre de l'argent, mais les associations non plus. Ici, les sponsors sont un peu plus visibles qu'aux Vieilles Charrues, mais beaucoup moins qu'à Rock en Seine, par exemple. Dans le même temps, France LeDuc ne se prive pas non plus pour déconsidérer les autres festivals très injustement. Dans sa bouche, les Eurockéennes, pour qui elle a travaillé, sont «un très beau festival de découverte, avec des middle-groups». Des groupes moyens? The Prodigy et Cypress Hill, programmés ce week-end à Belfort (90), apprécieront...

Les Charrues? «Pas de ligne artistique»

Concernant les Vieilles Charrues, elle estime qu'ils n'ont «pas de vraie ligne artistique, c'est un shaker musical», autrement dit un mélange, ce qui n'est visiblement pas un compliment dans sa bouche. Sauf que sa ligne, résolument rock, avec une dominante anglaise, ainsi qu'électro, souffre aussi d'exceptions quand il s'agit d'attirer du monde. Vendredi soir, Kanye West a servi sa soupe facile sur un plateau aux 15.000spectateurs présents.

Moins grand, plus cher

Au total, 85.000 personnes sont attendues sur les quatre jours, plus de deux fois moins qu'aux Vieilles Charrues. Conséquence mathématique: le prix des places y est un peu plus élevé (149euros le pass quatre jours, 30 de plus qu'aux Vieilles Charrues), mais il est plus facile de s'approcher de la scène. Sans doute ce qu'elle appelle «un festival un peu chic, urbain». Le revers de cette médaille, c'est l'ambiance un peu tiède qui règne sur la Grand-Place, hormis pour les concerts électro et les énormes têtes d'affiche comme Coldplay. C'est davantage un public de concert qui vient regarder et écouter ses groupes préférés, que de festivaliers, prêts à faire la fête. Vendredi, l'excellent groupe de rock français Phoenix a joué devant un public clairsemé et passablement mou. Faire un slam, c'est-à-dire se faire porter par le public, s'apparente alors à une mission impossible, même pour Tom Cruise. Mais il est aussi vrai que les Ch'tis n'ont derrière eux ni autant d'années de labours ni la culture festivale bretonne.

  • Laurent Guenneugues
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1 réaction

  • Bzhbob
    Une comparaison Mainsquare/Vieilles Charrues un peu déplacée
    J'ai été très étonné par cet article. J'ai surtout eu l'impression que le journaliste a été irrité par les propos de la directrice du Mainsquare sur l'"intouchable" festival des Vieilles Charrues. Je m'explique ; cela fait quelques années déjà que je ne vais plus aux Vieilles Charrues. Les raisons sont simples : sponsors de plus en plus envahissants, affiche peu ouverte et éclectique, de plus en plus centrée sur des artistes français du moment... J'ai préféré aller voir ailleurs. L'affiche de Mainsquare me paraît d'emblée plus attirante, plus variée. Je connais plusieurs personnes qui y sont allés, aucune remarque n'a été rapporté sur une trop grande présence des sponsors (s'il y en a plus qu'aux vieilles charrues, je demande à voir). Ce festival est plus cher, certes, mais l'affiche suit, avec principalement des artistes de la scène internationale. Pour autant, accuser le festival d'être une boîte à fric en soutenant une comparaison avec notre (cher) festival breton qui chaque année devient plus commercial, je trouve ça déplacé. Pour les Eurockéennes, je crois que le journaliste a également mal saisi ses propos. Bien sûr ce festival propose de grosses têtes d'affiche (il faut bien attirer le public), mais à côté de ça, on peut y retrouver de nombreux groupes moyennement connus et provenant de différentes scènes musicales. Pour ce qui est de l'ambiance, oui, les gens payent pour voir des concerts (je n'ai pas vraiment vu le problème sur ce point). Bien sûr les Vieilles Charrues sont plus festives, mais ne nous voilons pas la face : il faut aussi considérer le fait que pour la plupart des festivaliers, les 4 jours à Carhaix représente "la beuverie de l'année". Forcément, ça aide.
    Ajouté le 6 juillet 2009 à 13h45
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