18 mai 2009
Ce type d'attaque est rarissime: des policiers ont été la cible de tirs à l'arme de guerre à La Courneuve. Ils convoyaient des gardés à vue, après un examen à l'hôpital.
Dans la nuit de samedi à dimanche, à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), des policiers ont essuyé des tirs à l'arme de guerre lors d'un guet-apens, un type de violence très rare en banlieue parisienne.
De type Kalachnikov
«C'est la première fois qu'on voit l'usage d'une arme de guerre dans un tel contexte», a déclaré Jean-François Herdhuin, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de Seine-Saint-Denis. Des coups de feu ont été tirés, sans faire de blessés, d'une arme de type Kalachnikov, hier vers 2h30, contre des policiers qui ont riposté. Les faits sont survenus alors que quatre policiers, âgés de 29 à 35 ans, convoyaient des gardés à vue après un examen à l'hôpital. Le fourgon a été intercepté à un angle de rue par deux véhicules. Les policiers ont essuyé «le tir d'une rafale d'arme automatique» et ont «réussi à mettre en fuite (leurs) agresseurs» puis à «rattraper un de ces détenus qui tentaient de s'enfuir», selon le ministère de l'Intérieur. L'homme avait été interpellé samedi à La Courneuve dans la cité HLM sensible dite des «4.000». Il est suspecté d'avoir tiré contre des policiers au pistolet à grenaille, la veille. Cinq douilles de balles de calibre pouvant provenir d'une Kalachnikov ont été retrouvées sur les lieux du guet-apens. L'un des véhicules utilisés par les assaillants, une voiture volée munie de fausses plaques, a été retrouvé hier. Le parquet a ouvert une enquête pour «tentative de meurtre en bande organisée» et «tentative d'évasion en bande organisée». Des renforts venant de Paris ainsi qu'une compagnie de CRS supplémentaire à La Courneuve ont été annoncés pour constituer «des patrouilles renforcées très dissuasives, avec fusils à pompe et pistolets mitrailleurs», selon Jean-François Herdhuin. «Un gros dispositif de fouille» a également débuté hier.
Vive inquiétude
Après ces incidents, les syndicats de policiers ont exprimé leur vive inquiétude. «Nos collègues sont inquiets des dérives et des violences qui montent d'un cran en Seine-Saint-Denis», a déclaré Thierry Mazé, responsable d'Alliance (2e syndicat de gardiens de la paix). Côté politique, l'UMP a réclamé «des mesures très fortes pour condamner les voyous qui s'attaquent aux forces de l'ordre», tandis que le député PS de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg a demandé que «l'Etat prenne rapidement des engagements sur la manière d'assurer concrètement le droit à la tranquillité» dans les quartiers populaires.
