Hénin-Beaumont. Le nouveau fief du Front National ?
C'est le grand jour. Les électeurs d'Hénin-Beaumont doivent désormais trancher. A qui vont-ils confier leur ville ? Au candidat divers gauche, Daniel Duquenne, ou au candidat Front National, Steeve Briois, et à son bras droit Marine Le Pen. Réponse ce soir.
Après Orange, Vitrolles, Marignane et Toulon, Hénin-Beaumont pourrait à son tour faire l'expérience du Front National. Le candidat du parti d'extrême-droite, Steeve Briois, soutenu par Marine Le Pen, est arrivé largement en tête du premier tour de cette élection municipale partielle avec 39,3 % des suffrages. Contre 20,2 % pour son adversaire de gauche, Daniel Duquenne.
Un "front républicain"
Depuis l'annonce du résultat, un "front républicain" s'est levé contre l'hypothèse d'une percée du Front National. Politiques de gauche comme de droite ont appelé à voter contre Steeve Briois. Ces soutiens joueront-ils un rôle dans le scrutin ? Réponse ce soir. Pour le moment, Daniel Duquenne est "confiant" : "La pression est énorme puisque j'ai en face de moi le Front national avec Marine Le Pen, mais je pense que le réflexe républicain va jouer à fond". "On ne va pas vendre la peau de l'ours, mais on part avec de bonnes chances", estime Steeve Briois tandis que Marine Le Pen évoque un "combat difficile".
Tous les regards fixés sur une ville de 26.000 habitants
Le FN a centré sa campagne sur le thème de la lutte contre la corruption, dans cette ville de 26.000 habitants lourdement frappée par le chômage (19%) où la gauche s'est déchirée avant le premier tour pour tenter de se débarrasser de "l'héritage Dalongeville". L'élection a été convoquée suite à la révocation du maire PS Gérard Dalongeville (élu en 2001 puis réélu en 2008), mis en examen et écroué début avril dans le cadre d'une enquête sur un système de fausses factures impliquant des entrepreneurs locaux pour un préjudice qui pourrait atteindre, pour la seule période allant de 2006 à 2008, 4 millions d'euros.
3 réactions
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Pierre Fabre
Le retour du balancier.
Il y a 62 ans Henin-Beaumont était déjà gangrené par la haine. A l'époque c'était la haine du communisme et toutes les sensibilités, de l'extrême droite aux "socialistes", ont rallié, dans la haine viscérale, la SFIO pour défaire le maire communiste sortant.
Ironie de l'histoire Nestor Calonne, le maire P.C, élu dans la liesse de la Libération, réalisait, à l'époque, des scores équivalent à ceux que l'extrême droite comptabilise en 2009.
L'histoire ne se répète pas forcément et, de toutes manières, le schéma actuel est, hélas, inversé.
Ajouté le 5 juillet 2009 à 10h34
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xylophon
La tentation front nationale
Henin Beaumont est une ville du nord de le France qui compte 25 000 habitants. Ville ouvrière, Henin Beaumont cumule les difficultés. Commune endettée, son ancien maire Gérard Dalongeville a été placé en détention provisoire le 9 avril 2009 poursuivi pour détournement de fonds publics, corruption, faux en écriture privée et usage de faux, favoritisme et recel de favoritisme. Il a été révoqué le 27 mai 2009.
http://www.mairie-heninbeaumont.fr/
Ce week-end donc Henin Beaumont se cherchait un nouveau maire. Un maire neuf et compréhensif pour une commune qui a besoin plus que jamais d'un retour à des valeurs saines et républicaines. Au final c'est le front national qui est arrivé en tête avec près de 40% des voix.
La gauche divisée, et la droite ridiculisée auront du mal à combattre une bête
qui n'a de cessé de se renforcer dans un terreau particulièrement fertile: désespérance sociale, économique et politique. Le front national est prêt à tout pour accrocher à son tableau de chasse une mairie.
La responsabilité du politique dans cette rupture de république est grande. Le populisme gagne parce que les politiques qui se doivent plus que quiconque être irréprochables jouent une partie particulièrement pathétique. On pourra ainsi citer le cas Belkany (un des proches de Sarkozy) même si il y en d'autres. Comme si une condamnation pour emplois fictifs ne lui avait pas suffit.
"En mai 1996, Patrick Balkany a été condamné (décision confirmée en appel le 30 janvier 1997) par la 9e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre, à quinze mois de prison avec sursis, 200 000 francs d'amende et deux ans d'inéligibilité. Il avait rémunéré aux frais du contribuable levalloisien entre 1985 et 1995 trois personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s'occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny ".
L'homme est aujourd'hui épinglé par la cour régionale des comptes pour la gestion de Levallois-Perret qui pointe notamment une "hausse périlleuse de la dette, une explosion des dépenses festives, une "anomalies" dans le contrôle des frais...
Ce genre d'affaires qui sont peu nombreuses au regard des 36 000 communes de France, sont problématiques car quelques "brebis galeuses" ne cessent d'entretenir sur la gestion politique un climat de suspicion permanent. Et le Front National se fait à chaque fois une joie de se rendre dans ses mairies exsangues pour y jouer un loup qui mettra tout le monde d'accord...
Orange se souvient trop bien de cette situation. Ville du sud de la France, Orange a été jusqu'en 2005 dirigée par le Front national. Meme si aujourd'hui le maire Jacques Bompard est aujourd'hui MPF (ex FN), la ville reste ternie par cette image de ville cadenassée. L'express témoigne ainsi de pratiques particulièrement révoltantes: la politique d'achat des bibliothèques municipales est particulièrement édifiante.
"La ville d'Orange (Vaucluse), dirigée depuis un an par le maire FN Jacques Bompard, a d'ores et déjà mis en oeuvre cette stratégie. Après la suppression du centre culturel Mosaïques et la polémique sur les Chorégies, le rapport d'inspection de la bibliothèque municipale d'Orange, que L'Express publie en exclusivité, confirme les pratiques de l'édile".
"Des collections qui ne répondraient qu'à la fonction de distraction (...). Une interprétation du pluralisme qui postulerait un rééquilibrage systématique de thèmes et d'auteurs jugés de gauche - concept passablement étendu à Orange - par des thèmes et des auteurs de droite (...). Un principe d'ethnocentrisme."
Il ne faudrait donc pas que Henin Beaumont devienne une de ses villes front nationale. D'abord pour les habitants déjà en phase de rupture. Les stigmates d'un vote FN les isoleraient encore davantage.
Il ne faudrait pas non plus que Henin Beaumont élise un maire FN parceque elle redonnerait de la force à un mouvement qui n'en pas besoin. La prise d'une mairie peut légitimer un parti dans son action politique. Il serait dangereux de croire que c'est normal que l'extrème droite arrive à s'implanter aussi facilement. La banalisation du Front National passe malheureux par ses succès politiques.
Et en même temps, ce vote nous dit combien, la croyance en la mort de l'extrème droite est utopique. Sarkozy a cru être assez fort pour usurper le vote FN. Il n'en n'est rien. Le souvenir du 21 avril n'est jamais bien loin. Il faudra que nous l'ayons toujours à l'esprit:c'est aussi des démocraties que naissent les totalitarismes.
http://lexilousarko.blog.fr/
Ajouté le 5 juillet 2009 à 10h27
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duve...
pourquoi pas?
Bonjour,
Je ne comprends pas votre position.
Si je lis ce que vous écrivez cela voudrait dire que ceux qui votent FN sont des sous citoyens ?
Je ne suis pas membre, ni sympathisant, ni même électeur du FN mais le FN n'est pas interdit en France ?
Par contre je respecte tous les partis et tous les électeurs, de Besanceno à de Villier en passant par Le Pen, chacun a le droit de s'exprimer à moins que vous ayez raison ? Non il y a des gens qui pensent différemment de vous, de nous, dans ce pays et c'est ça la démocratie.
Quand aux donneurs de leçons, il conviendrait de balayer devant sa porte, les querelles au sein du PS, Madame Ledman elle fait le dos rond !!Elle qui a bien contribué au « bazar » ambiant.
Elle crache dans la soupe maintenant ? Elle l'a pourtant trouvée à sont goût il n'y a pas si longtemps. Je ne vais pas parler des dossiers sulfureux qui se préparent.
A force de rêver on finit par se réveiller.
Et ça ne fait que commencer. Les municipalités de gauche ont embauché à tout va...
La démographie est en baisse, compte tenu de la crise les recettes fiscales vont lourdement chuter... N'oublions jamais, un emploi créé dans la fonction publique c'est un salaire garanti et une retraite à la charge de la collectivité...
Ajouté le 5 juillet 2009 à 17h24