7 novembre 2009
Depuis 30 ans, elle se bat sans relâche pour obtenir la vérité sur la mort de son père Robert Boulin. Et depuis 30ans, Fabienne Boulin-Burgeat n'a jamais baissé les bras.
[FITOUSSI-Q]Elle avait 28ans, deux enfants, un mari conseiller technique au cabinet de son père, Robert Boulin, ministre du Travail. Le 30octobre 1979, quand ce dernier est retrouvé mort dans un étang en forêt de Rambouillet et que la Justice classe l'affaire en concluant au suicide par noyade, sa vie bascule, et pour toujours. «Au début, en état de choc, j'ai cru à la version officielle, contre l'avis de ma mère, se souvient Fabienne Boulin-Burgeat. Et puis, très vite, j'ai compris que la thèse du suicide ne tenait pas». Robert Boulin aurait été si atteint par une campagne de presse le discréditant au sujet d'une affaire immobilière qu'il aurait attenté à ses jour. En découvrant des photos, Fabienne Boulin-Burgeat se rend surtout compte que son père a été tabassé à mort. Et que tout le dossier est explosif: enquête bâclée, vol des archives de son père, disparition des bocaux de ses poumons à l'institut médico-légal, disparition des scellés, témoins qui peu à peu lâchent la vérité. En tout, 75 preuves suffisamment solides, recensées sur son blog, pour conclure à l'assassinat politique. «Nous avons compris que cette affaire était la lutte du pot de fer contre le pot de terre et qu'il fallait surtout maintenir le dossier ouvert. Après trente ans, il peut toujours être rouvert». Il y a deux ans, la requête lui a été refusée. Aujourd'hui, sur la base de nouveaux témoignages, elle réclame une fois de plus la réouverture de l'instruction. Comment cette petite femme à la voix souriante, qui parle franc et clair, a-t-elle tenu aussi longtemps? Surtout après la mort de sa mère et de son frère, terrassé à 53 ans par une crise cardiaque. «J'ai la chance de venir d'une famille de vignerons, aimante, solide. On aime la vie, le partage, les grandes tablées. J'ai un mari délicieux, rencontré à l'âge de 16ans, trois merveilleux enfants qui me soutiennent même si ça a été compliqué pour eux».
Menaces de mort
Et pour elle, qui a vécu à partir de 1983 avec «une boule à l'estomac» en raison de menaces de mort motivées par la plainte de sa famille, «c'est normal, évident, en tant que fille et citoyenne de mener ce combat pour la vérité. Mon père était un résistant, un homme droit, vertueux, qui ne supportait pas la corruption. Il nous a donné beaucoup d'amour. Et puis, je suis optimiste par nature, c'est la seule attitude à avoir». Et si le procureur refuse la réouverture d'un dossier qui faisait 40 centimètres au début et plus de 1,5 mètre aujourd'hui? «Nous irons devant la Cour européenne des droits de l'Homme. Les Français doivent connaître la vérité, ça les réconcilierait avec la justice et les hommes politiques».[/FITOUSSI-Q] http://affaireboulin. blogspot.com
