25 septembre 2009 - 1 réactions
Deux avions de combat Rafale du porte-avions Charles-de-Gaulle se sont abîmés, hier, vers 18 h, au large de Perpignan. L'hypothèse "la plus probable" pour expliquer le crash est "une collision en vol", indique ce matin le Sirpa-Marine. Le pilote de l'un des deux avions a pu être repêché «sain et sauf». D'importants moyens aériens et nautiques sont déployés pour retrouver le pilote porté disparu.
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"Après le choc ou la collision, pour le pilote retrouvé, l'avion est parti en vrille et il a pu s'éjecter" et "lors de son éjection, il a constaté que l'avion de son camarade continuait à voler et nous avons perdu quelques minutes plus tard le signal radar de cet avion", a déclaré ce midi Hervé Morin, ministre de la Défense, lors d'une conférence de presse à Toulon.
Sur les causes de l'accident, Hervé Morin a ajouté qu'"il faut mener une enquête nécessaire, toute réponse serait précipitée" mais "a priori l'accident n'a rien à voir avec l'avion, il s'agit d'un accident de vol". Cette déclaration confirme ainsi la thèse de la collision et écarte une éventuelle défaillance technique du Rafale. Il reste que cet accident tombe à un moment délicat étant donné que la France essaie en ce moment de vendre des Rafale au Brésil.
Le second pilote toujours porté disparu
Selon le capitaine de frégate Bertrand Bonneau, du Service d'information et de relations publiques de la marine (Sirpa-Marine). les deux appareils étaient localisés à environ 60 km du porte-avions Charles de Gaulle avant le crash. Les Rafale s'apprêtaient à rejoindre le navire lorsqu'ils se sont abîmés en mer à 18h09 précises. Les conditions climatiques étaient bonnes, avec une visibilité dégagée et seulement un peu de vent.
Les recherches continuent pour tenter de retrouver le second pilote, le capitaine de frégate de réserve François Duflot. toujours porté disparu. L'autre, qui a pu s'éjecter et être repêché, est le capitaine de corvette Yann Beaufils. Les recherches sont menées par la frégate Courbet, une vedette de la gendarmerie maritime, trois hélicoptères Dauphin de la Marine nationale et un hélicoptère Ecureuil de la gendarmerie nationale. Un renfort a été demandé à un navire espagnol pour étendre la zone des recherches, où les fonds se situent entre 500 et 600 mètres
"Aucune trace de débris", précise Hervé Morin
"Les recherches se poursuivront aussi longtemps que nous aurons un espoir de retrouver le pilote", a déclaré ce midi Hervé Morin à Toulon. "Pour l'instant, nous n'avons aucune trace, ni de débris, et aucune trace d'aucune sorte nous permettant de pouvoir vous indiquer ce qu'est devenu précisément son avion et ce qu'est devenu le pilote", précise également le ministre.
Le remorqueur Abeille Flandres, basé à Toulon, se dirigeait ce matin vers la zone de recherche avec à son bord du matériel de recherches sous-marines pour localiser les épaves des avions. Des plongeurs de la marine ont pris place à bord du remorqueur.
Hervé Morin s'exprime à 11 h 30
Une enquête a été ordonnée pour déterminer les causes de l'accident. Selon le commandant Bonneau, les deux pilotes impliqués dans l'accident sont des pilotes d'essai. D'après le Sirpa-Marine, le pilote porté disparu totalise 5.000 heures de vol et est âgé de 45 ans. L'autre pilote s'était éjecté. Il a pu être repêché "sain et sauf". Âgé de 40 ans, il avait effectué 3.000 heures de vol. Il souffre d'une plaie à un oeil et de contusions au visage
Au cours d'une mission d'essai
Les deux pilotes seraient basés dans le sud de la France, à Istres pour l'un et Hyères pour l'autre. Les deux appareils pourraient en revanche avoir été mis à disposition par la base aéronavale de Landivisiau (29). D'après le blog Secret Défense de Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, l'un des deux pilotes d'essai appartenait au Centre d'essais en vol (CEV-DGA), l'autre au CEPA (Centre d'expérimentations pratiques de l'aéronavale). "Ces deux pilotes très expérimentés procédaient à des essais de catapultage et d'appontage du nouveau standard du Rafale-Marine F-3", écrit Jean-Dominique Merchet.
L'accident s'est produit au cours d'une mission d'essai à laquelle participaient les deux appareils. Selon la Dépêche du midi, les deux avions Rafale effectuaient une classique mission d'essai au moment de l'accident,. "Ils n'étaient pas armés et se trouvaient sur le chemin du retour. Cette mission était destinée à valider les capacités du groupe aéronaval", écrit le quotidien.
Déjà en 2007 en Corrèze
Cet accident est le premier à frapper la version marine du Rafale. La Marine nationale compte actuellement 17 appareils de ce type. Un exemplaire de l'armée de l'Air s'était déjà écrasé le 6 décembre 2007, en Corrèze. Il avait été attribué par l'armée à une «désorientation spatiale» du pilote qui avait été tué dans l'accident.
Le Rafale est un chasseur hyper-sophistiqué fabriqué par l'avionneur français Dassault France. Cet appareil n'a encore jamais été vendu à l'exportation. Il fait actuellement figure de favori pour un contrat de vente de 36 appareils au Brésil.
Les pilotes en cours de "requalification"
Avant cet accident frappant ses avions, l'unique porte-avions français avait été immobilisé pendant un an et demi pour une opération d'entretien programmée. Cette opération s'était achevée en novembre 2008. L'activité du fleuron de la Marine nationale avait été de nouveau suspendue en mars dernier à la découverte d'une usure "anormale" de pièces sur les arbres de transmission de son système de propulsion.
Les pièces défectueuses ont depuis été changées et le porte-avions, commandé par le capitaine de vaisseau Jean-Philippe Rolland, a repris la mer le 21 septembre pour procéder à la "requalification" des pilotes de ses avions de combat Super Etendard et Rafale et à la qualification de jeunes pilotes. Son groupe aérien était alors composé de quatre Rafale, trois Super Etendard ainsi que trois hélicoptères (deux Dauphin et une Alouette III).
