9 octobre 2009
Brice Hortefeux revient sur la mise en place du plan gouvernemental de prévention contre la délinquance. Le ministre de l'Intérieur estime que depuis le retour de la droite au pouvoir, le bilan est positif.
Les questions de sécurité sont à nouveau une préoccupation majeure de nos concitoyens. Que répondez-vous à ceux qui, comme les socialistes, contestent le bilan de Nicolas Sarkozy en ce domaine?
Les socialistes sont particulièrement mal placés pour donner des leçons dans ce domaine. Entre1997 et2002, avec Lionel Jospin, la délinquance a progressé de près de 15%. Depuis 2002, avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy comme ministre de l'Intérieur puis comme président de la République, elle a baissé d'autant. Cependant, après sept années de baisse très significative, on assiste, depuis quelques mois, à une stabilisation de la délinquance. Nous ne restons pas les bras ballants.
Comment rétablir la sécurité, par exemple, dans les établissements scolaires?
Contrairement à ce qui est souvent dit, l'année scolaire 2008-2009 a enregistré une baisse globale des infractions au sein, comme à l'extérieur, des établissements scolaires. C'est le résultat d'un dispositif déjà existant: 1.058 policiers et gendarmes sont des référents sécurité pour les chefs d'établissement; et au cours de l'année scolaire 2008-2009, 30.000 opérations de sécurisation ont été menées aux abords des établissements scolaires. Pourtant, il ne faut pas se cacher la vérité: depuis la rentrée scolaire, on assiste à une recrudescence des violences touchant les élèves comme les personnels de l'Éducation nationale. Ce dispositif est désormais renforcé: avec Luc Chatel, nous avons décidé de désigner des policiers pour devenir des «conseillers sécurité» des recteurs. Nous avons inauguré ce dispositif cette semaine avec la nomination d'un premier «conseiller sécurité» auprès du recteur de l'académie de Créteil. Il dirigera une équipe mobile de sécurité de dix personnes sur ce seul rectorat. D'autres suivront très prochainement.
Faut-il revenir à une police de proximité?
Non, parce qu'elle n'a jamais marché! Un policier n'est pas là pour jouer le rôle d'une assistante sociale ou pour devenir un «copain». Les policiers et gendarmes sont là avant tout pour faire respecter la loi.
On parle beaucoup de vidéosurveillance. Que comptez-vous faire?
Le constat est clair: la vidéo-protection, cela marche. Un rapport a démontré que les crimes et délits chutaient deux fois plus vite dans les villes équipées de caméras que dans celles où aucun dispositif n'est installé. Instaurer la vidéo-protection, c'est identifier les fauteurs de troubles; c'est décourager les délinquants; c'est, surtout, veiller sur les honnêtes gens. Alors, sous l'impulsion du président de la République, nous agissons. Nous allons, d'abord, multiplier le nombre de caméras. Il y a, aujourd'hui, à peine 20.000caméras sur la voie publique dans notre pays. D'ici à 2011, je veux, avec les collectivités locales, tripler ce chiffre: l'objectif est de 60.000. Pour y parvenir, nous mettons les moyens. Dans le cadre du plan de prévention de la délinquance, annoncé la semaine dernière par le Premier ministre et que je suis chargé de piloter, nous avons annoncé le doublement des moyens consacrés chaque année à ce dispositif. Ainsi, nous passerons de 12millions d'euros en 2009 à 20millions en 2010, c'est-à-dire que de 300 communes en moyenne par an, nous passerons à 600. Enfin, nous allons diversifier l'usage des caméras en les étendant à d'autres sites de la vie quotidienne: les commerces de proximité, les transports, les parties communes des immeubles, notamment dans les quartiers sensibles.
