10 octobre 2009
La Commission consultative du secret de la Défense nationale (CCSDN) a émis un avis favorable à la déclassification de 40 documents soumis à son examen par le ministère de la Défense concernant l'attentat de Karachi (Pakistan). Le 8mai 2002, 14 personnes, dont onze salariés français de DCN, avaient été tuées. Le porte-parole du ministère de la Défense, Laurent Teisseire, a indiqué que le ministre Hervé Morin «mettra en oeuvre, comme il l'a toujours fait, l'avis de la commission», publié hier au Journal officiel. Fin juin, le ministre de la Défense s'était lui-même «engagé à déclassifier ce que la commission proposera de déclassifier», la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, ne voyant pour sa part «aucun inconvénient» à la levée du secret-défense. Hervé Morin avait saisi la CCSDN le 1erseptembre à la demande des magistrats du pôle anti-terroriste de Paris en charge de l'information ouverte le 27mai 2002 des «chefs d'assassinats de onze ressortissants français et de tentative d'assassinat de douze autres ressortissants français, en relation avec une entreprise terroriste».
Un contentieux évoqué
L'enquête au Pakistan a attribué l'attentat de Karachi aux islamistes. En juillet dernier, le ministre pakistanais de l'Intérieur, Rehman Malik, s'est dit prêt, à l'issue d'une visite à Paris, à relancer les investigations sur l'attentat de Karachi si la France fournissait de nouveaux éléments. En France, les deux juges antiterroristes chargés de l'enquête l'ont récemment réorientée vers l'hypothèse d'un contentieux franco-pakistanais, qui pourrait être lié au versement de rétrocommissions illégales, en marge de la vente de quatre sous-marins au Pakistan en 1994.
