31 octobre 2009 à 18h13 - 1 réactions
Turbulences à Air France où le directeur général exécutif, Pierre-Henri Gourgeon, pourrait être débarqué. Le dossier est entre les mains de l’Élysée.
Pierre-Henri Gourgeon est seul aux commandes d’Air France KLM depuis janvier 2009. Aujourd’hui, il doit affronter la défiance d’une grande partie de son management et des syndicats de pilotes et du personnel navigant.
Maladresses après le crash Rio-Paris
Pierre-Henri Gourgeon n’est paradoxalement pas critiqué sur les difficultés financières d’Air France KLM (ndlr : plombé par la hausse du pétrole, le groupe aérien franco-néerlandais a publié un bénéfice en chute de 59,4% sur le premier trimestre 2008/2009). Le directeur général n’a pas davantage d’opposition sur l’ensemble des mesures conservatoires et de rationalisation annoncées qui font l’objet d’un consensus technique.
En revanche, le crash de l’Airbus A330 entre Rio et Paris (228 morts le 1er juin dernier) a, en quelque sorte, cristallisé les difficiles rapports entre Pierre-Henri Gourgeon et une partie de la direction de la compagnie aérienne. L’ex-numéro 2 de Jean-Cyril Spinetta a voulu assumer seul la communication d’après le drame, s’efforçant notamment de protéger Airbus. Il a multiplié les maladresses à l’encontre de son entourage jusqu’à susciter de très fortes réactions contre une méthode de management et un exercice personnalisé du pouvoir.
L’Élysée tenté de remplacer Gourgeon
Vrai patron exécutif d’Air France, Pierre-Henri Gourgeon s’est toujours refusé de s’adjoindre un numéro 2 depuis le départ de Jean-Cyril Spinetta. Conséquence : en l’absence de « fusible », toutes les difficultés et l’irascibilité qui se font jour dans la compagnie se reportent aujourd’hui uniquement sur Gourgeon.
Les Néerlandais de KLM observent cette fragilisation du management français à toutes fins utiles. En France, le dossier est remonté jusqu’à l’Élysée. Selon nos informations, la Présidence de la République serait très tentée par un remplacement de Gourgeon par un tiers extérieur à la compagnie. Un quitte ou double pour ramener de la sérénité et de l’autorité chez Air France KLM à l’heure où les compagnies aériennes doivent à nouveau affronter une probable hausse du pétrole et ceci sans bénéficier des effets d’une reprise économique qui fait encore question.
